Genèse

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Genèse

Message  Admin Mézénas le Sam 18 Mar 2017 - 15:49

Comme je l'ai dit lorsque j'ai lancé la micronation Mézénas, je me suis beaucoup inspiré de Dune. C'est ainsi qu'il y a certains de mes persos qui se rapprochent dans leur nom mais aussi dans leurs caractères de certains personnages de Dune, comme le Duc Léto Atrèdes ou le Baron Wladimir van Dorrenn, par exemple. Mais j'ai aussi voulu ajouter une petite touche personnelle en imaginant une histoire qui, même si elle rappelle parfois le livre de Frank Herbert, comporte également des éléments originaux.

J'ai déjà eu recours à la technique scénaristique du "flashback", que j'ai appelés "retour dans le passé", vous avez peut-être vu ici ou là des messages postés et qui racontaient des événements passés. Ces flashbacks sont essentiels, car ils permettent de découvrir, peu à peu, les motivations de certains de mes personnages et de mieux les comprendre. Afin que vous ayez toujours la possibilité de les retrouver facilement, puisque jusqu'à présent, je les ai postés dans différentes sections du forum, j'ai pensé que ce serait intéressant de tous les rassembler au même endroit. C'est pour ça que je crée la section Genèse.

Dès que j'aurai à raconter un événement passé qui a son importance dans le scénario que je vais développer au cours des mois à venir, je le posterai ici. Tout ne sera pas raconté par ordre chronologique, donc ne vous étonnez pas si je fais des allers-retours entre les années.

Bonne lecture !
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Message  Admin Mézénas le Sam 18 Mar 2017 - 15:52

Francovie, région de Mézénas - 20 février 2015.


Avant que les Atrèdes prennent possession du territoire de Cardolane, Féodor et son épouse Héléna, ainsi que leur fils Léto, habitaient une petite ville située dans la région de Francovie appelée Mézénas. Bien qu'il avait le titre de Duc et siégeait au Conseil des Nobles de Mézénas, Féodor travaillait afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il avait un poste élevé dans l'une des entreprises mézéniennes.

Féodor était un partisan de l'indépendance de Mézénas et même s'il était loin de partager les idées politiques de Peyranne, il le soutenait dans son action.

Un matin, alors que Peyranne venait d'être condamné à l'exil et que de nombreux Mézéniens se préparaient déjà à quitter la Francovie, un homme frappa à la porte du domicile des Atrèdes. Héléna lui ouvrit et dès qu'elle vit qui il était, son visage devint blême.



Héléna : Richard, je ne pensais pas que vous viendriez si tôt. Il vient seulement d'avoir 18 ans !

Richard : Je sais, Héléna, mais le temps presse. Vous savez que cela doit être fait.


Héléna laissa entrer Richard.


Richard : Votre époux est absent ?

Héléna : Oui, il travaille à la compagnie, aujourd'hui. Il a encore quelques affaires à régler avant... (elle se retint de pleurer) avant que nous partions. Désirez-vous boire quelque chose ?

Richard : Non, je vous remercie. Pouvez-vous demander à Léto de venir, je vous prie ?

Héléna : Très bien, mais je crois qu'il dort encore. Je vais le chercher.


Héléna monta les escaliers qui menaient jusqu'au premier étage. Elle frappa à la porte de la chambre de son fils, puis entra.


Héléna : Réveille-toi, Léto. Je veux que tu t'habilles et que tu descendes me rejoindre. Fais vite.


Quelques instants plus tard, Léto arrivait dans le salon où se tenaient sa mère et Richard.


Héléna : Léto, je te présente Richard. Écoute-le attentivement et obéis-lui en tout.

Richard : Bonjour, Léto. J'ai beaucoup entendu parler de toi. Asseyons-nous à cette table, veux-tu ? (se tournant vers la mère de Léto) Héléna, je souhaiterais rester seul avec Léto.


Héléna partit, laissant seuls les deux hommes.

Richard sortit divers objets d'une sacoche puis les déposa sur la table, une boussole, une petite fiole contenant un liquide bleu, une balle de tennis, un magazine, un couteau, une tasse à café.



Richard : Bien. Je vais te proposer de faire un test. Rassure-toi, ça sera très simple. Tu vois ces objets devant toi ?

Léto : Oui, monsieur.

Richard : A présent, je souhaiterais que tu me dises quels sont les objets qui t'appartiennent.

Léto : Vous voulez dire, ceux que je voudrais avoir pour moi ?

Richard : Non, Léto, les objets qui sont déjà à toi.


Léto regarda longuement les objets. Puis il prit la boussole, la fiole et le couteau et les sépara du reste des objets. Il hésita un instant, puis il remit la fiole à l'endroit où elle était et il prit la tasse à café.

Richard passa sa main sur son visage en soupirant.



Richard : La boussole, le couteau et la tasse à café. Tu es bien sûr de toi ?

Léto : Oui.. enfin, je crois... Non, en fait j'en suis certain. Ces objets sont les miens.

Richard (en remettant les objets dans sa sacoche) : Non, ce ne sont pas les tiens. Je suis désolé.


Héléna réapparut. Elle sembla moins anxieuse, plus détendue. Elle avait entendu les derniers mots que Richard avait prononcés.


Richard : Héléna, je regrette sincèrement, votre fils a échoué. Veuillez me pardonner, c'était une erreur.

Héléna : Il n'y a pas de mal, Richard. (son regard se fit soudain plus dur) Mais à présent, je souhaiterais que vous partiez. Et je ne veux plus jamais vous revoir.

Richard : Entendu, je comprends tout à fait. Au revoir, Héléna. Au revoir, Léto.


Richard sortit de la maison. Dehors, une voiture noire aux vitres teintées l'attendait. Il ouvrit la portière arrière et s'installa dans le véhicule.


Richard : Nous pouvons y aller, Ulvan. Prenez la direction de l'aéroport.

Ulvan Thorim : Si je puis me permettre, Richard, vous ressemblez à un homme qui a trouvé ce qu'il cherchait.

Richard : Oui, en effet. Je l'ai trouvé, Ulvan. J'ai trouvé notre chef. Et maintenant, il n'y a plus qu'à attendre qu'il vienne jusqu'à nous.
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Message  Admin Mézénas le Sam 18 Mar 2017 - 15:52

Paul Pathyne était assis à son bureau et consultait un rapport sur l'extraction de savonite au Kitchassa que le Comte Alban Richèse lui avait envoyé. Les chiffres étaient plutôt bons, les mineurs avaient travaillé dur et avaient extrait la savonite en grande quantité.

Un sourire de satisfaction sur le visage, il ferma les yeux afin de les reposer un instant. Soudain, il entendit un bruit venant du couloir.

Intrigué, il se leva et sortit de son bureau. Le couloir était désert, ce qui n'était pas étonnant car pratiquement personne ne se trouvait dans l'aile privée du Palais en ce dimanche après-midi. Il crut alors apercevoir une ombre qui s'enfuyait et aussitôt, il partit à sa poursuite. Il suivit le long dédale des couloirs du Palais puis se retrouva bientôt face à un homme, un homme qu'il n'avait pas vu depuis de bien longues années...



Paul Pathyne : Richard ? Mais que faites-vous dans le Palais ?

Richard : Je suis venu vous avertir, Paul. Je sais parfaitement ce qui vous a mené jusqu'ici, je sais pourquoi vous avez quitté la Francovie pour venir jusqu'ici.

Vous voulez retrouver Fondak, la Cité des Anciens. Mais jamais vous ne pourrez y retourner, vous en avez été banni, votre place n'est plus parmi nous.

Paul Pathyne : Vous ne pourrez pas m'en empêcher, Richard. Et je vous jure que je la retrouverai.

Richard : Alors, nous vous tuerons.


Richard se retourna puis il partit. Le Prince-Padishah tenta de le suivre, mais celui-ci disparut très vite.

C'est à ce moment-là qu'il se réveilla. Il s'était assoupi sur son bureau, il tenait encore le rapport du Comte Richèse à la main. Tout cela n'était qu'un rêve.

Mais en était-ce vraiment un ?
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Message  Admin Mézénas le Sam 18 Mar 2017 - 15:53




La chaîne du Grand Bouclier - 14 décembre 1956.

Le couple, accompagné de leur fils âgé de 8 ans à peine, avait fui la Francovie quelques jours auparavant. Depuis quelques années, le Colonel Jallan dirigeait le pays d'une main de fer, faisant arrêter ou exécuter ses opposants. Souhaitant offrir un autre avenir à son épouse Anna et à leur fils, Maximilien avait décidé de partir pour Prya.

Leur périple les avait emmenés loin de chez eux. Ils avaient d'abord passé le Détroit de Bighal à bord d'un bateau de pêche. Puis ils avaient traversé des contrées sauvages, jusqu'à arriver à cette chaîne de montagnes située dans le Kitchassa, le Grand Bouclier. Le sommet du Grand Bouclier culminait à plus de 8,000 mètres, mais Maximilien qui avait soigneusement préparé leur voyage savait qu'à d'autres endroits, la montagne était bien moins élevée.

Ils décidèrent de faire une pause un instant. Maximilien sortit une gourde de son sac, il but une gorgée d'eau, puis la proposa à sa femme. Celle-ci donna d'abord la gourde à son fils avant de boire elle aussi.

Maximilien constata alors avec surprise que sa boussole était devenu complètement folle. Non seulement elle n'indiquait plus aucune direction, mais l'aiguille effectuait plusieurs tours avant de s'arrêter, puis repartait dans le sens inverse.

C'est en relevant la tête qu'il les aperçut. Deux tigres-Laza, probablement un mâle et une femelle, car ces tigres des neiges chassent toujours en couple.

Avant qu'il ait eu le temps de prévenir sa femme et son fils, l'un des tigres sauta sur Anna et lui brisa la nuque. L'enfant poussa un grand cri et craignant pour la vie de son fils, Maximilien attira l'attention des deux animaux sur lui. Les tigres-Laza le regardèrent de leurs yeux félins. Puis en un bond ils furent sur lui et le lacérèrent de leurs griffes.

Pétrifié, l'enfant ne pouvait bouger. Soudain, de grands cris se firent entendre. Les deux tigres relevèrent la tête. Des hommes, vêtus de peaux de bête, tirèrent des coups de feu. L'un des tigres fut touché et abandonnant son repas, il s'enfuit, bientôt suivi par son partenaire.

L'un des hommes s'approcha du jeune garçon.



L'homme : N'aie pas peur, mon petit. Les tigres sont partis, il n'y a plus aucun danger.

L'enfant (en pleurant) : Papa... Maman...

L'homme : Je suis sincèrement désolé pour tes parents. Si tu veux, tu vas venir avec nous. Tu es d'accord ?


L'enfant accepta entre deux sanglots.


L'homme : Allez, viens. Au fait, je m'appelle Richard. Et toi ?

L'enfant : Paul. Je m'appelle Paul Pathyne.
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Message  Admin Mézénas le Mer 7 Juin 2017 - 15:37




La Plaine de la Désolation - 24 octobre 1678


La Révérende Mère Tarava remonta son col, puis elle rajouta du bois dans le feu. La nuit ne tarderait pas et en cette période de l'année, les températures descendaient très bas dès que le soleil se couchait. Les Soeurs du Bene Tesserite pouvaient contrôler leur température corporelle, ce qui leur permettait d'endurer les conditions climatiques les plus extrêmes, mais Tarava aimait faire de grands feux.

Ludmila et Séréna revinrent au campement improvisé, portant avec elles de grands morceaux de bois. C'étaient toutes deux des Acolytes, de jeunes femmes qui étaient entrées dans l'Ordre depuis peu et qui n'avaient pas encore passé le test qui ferait d'elles des Soeurs à part entière et qui les ferait accepter comme membre de la Communauté. C'est Tarava qui les avait choisies pour cette mission bien particulière dans le Kitchassa.



Révérende Mère Tarava : Ah, vous voilà enfin ! Je commençais à croire que le feu allait s'éteindre avant votre retour !

Ludmila : Révérende Mère, nous avons rencontré des hommes en revenant jusqu'ici. Ils disent s'appeler les Snomen. Ils savent que nous sommes dans la région depuis plusieurs jours.

Séréna : Révérende Mère, ce sont ces personnes que nous devons approcher ?

Révérende Mère : Oui, mon enfant. Nous allons devoir nous faire accepter par eux. Puis nous ferons ce que nous devons faire. Souvenez-vous que rien ne compte plus que cette tâche et que nous devons être prête à y laisser la vie pour la mener à bien !

Ludmila : Je m'y suis déjà préparée, Révérende Mère.

Révérende Mère : Très bien. Nous entamerons donc le processus dès demain matin. Séréna, tu dois encore t'exercer au prana-bindu, le contrôle de chacun des muscles de ton corps. Pendant ce temps, j'expliquerai à Ludmila la façon dont nous procèderons.


Pendant que Séréna se levait et commençait ses exercices, la Révérende Mère et son Acolyte s'assirent face à face, uniquement séparées par le bois qui crépitait dans le feu...
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Message  Admin Mézénas le Jeu 8 Juin 2017 - 15:09




Le Mont Venteux - 2 avril 1679


Cela faisait maintenant près de 6 mois que les trois Bene Tesserite, la Révérende Mère Tavara et ses deux Acolytes, avaient intégré la tribu de Djinzer, un Naïb Snomen.

Les premiers temps avaient été difficiles. La loi Snomen était impitoyable vis-à-vis des "hors-monde", ceux qui n'étaient pas du Kitchassa : les Snomen les faisaient prisonniers et les réduisaient en esclavage ou bien ils les abandonnaient dehors en pleine nuit après s'être emparé de tout ce qu'ils possédaient, jusqu'à leurs vêtements. Mais la plupart du temps, ils ne s'embarrassaient pas de détails et les tuaient sur place.

Les Soeurs avaient dû recourir à l'une de leurs armes les plus efficaces : la Voix. En modulant sa voix, une Soeur peut influer le subconscient d'une personne, elle peut ainsi la contraindre à obéir à des ordres brefs. Mais elle sert également d'arme de séduction, dans le cas d'une Soeur Imprégnatrice... ou plus simplement lorsqu'elle est face à un homme menaçant et qu'elle cherche à échapper à un destin fatal !

Ainsi, les Soeurs avaient dans un premier temps réussi à rester en vie, ce qui était un bon début. Puis, petit à petit, la Révérende Mère avaient sympathisé avec certaines femmes de la tribu et leur avait appris comment soigner diverses maladies. Tavara avait remarqué que dans la société snomen, les femmes détenaient du pouvoir et de l'influence dans certains domaines. Ainsi, c'étaient elles qui s'occupaient des questions religieuses. C'était donc par l'intermédiaire de ces femmes que les trois Soeurs allaient accomplir la tâche qui les avait amenées jusqu'ici.

C'est un secret que peu de personnes connaissent, l'Ordre des Bene Tesserite a toujours été très adroit dans la manipulation des masses par le mysticisme. Elles ont été à l'origine de nombreux mythes et croyances et qui deviennent, générations après générations, des religions qu'elles orientent pour servir leurs intérêts. Cette technique de manipulation des masses est appelée Missionaria Protectiva.

Parfois, le but poursuivi est très terre à terre. Par exemple, dans une région isolée et hostile, elles utilisaient la Missionaria Protectiva pour ancrer une prophétie dans les croyances des peuples résidant dans cette région. Cette prophétie reprenait le grand thème classique qu'on retrouve dans à peu près toutes les religions : la venue d'un messie, qui apparait pour délivrer le peuple de son asservissement et lui apporter la paix. Et ce messie viendrait accompagnée de sa mère, une Bene Tesserite. Ainsi, si une Soeur venait à s'égarer dans cette région inhospitalière, elle trouverait asile auprès de ce peuple, qui serait alors persuadé d'avoir rencontré la mère de celui qu'ils attendaient.


C'est donc pour cette raison que la Révérende Mère Tarava et ses deux Acolytes s'étaient retrouvées au Kitchassa. Et Tavara avait compris que c'était à travers les femmes Snomen qu'elle allait pouvoir faire naître la légende et la Grande Prophétie. Elle demanda donc à en savoir un peu plus sur la religion des Snomen.

Les Snomen suivaient les préceptes du bouddhinalawisme. Ils croyaient au Grand Créateur, qu'ils appelaient Nahat et aux prophètes, et ils se présentaient comme étant des Vagabonds Hanafistes. Ce terme qu'ils employaient pour se définir leur venait de leur longue errance, à travers tout le micromonde, une longue errance qui s'était achevée il y a plusieurs millénaires dans le Kitchassa. Pour les guider dans leur foi, ils avaient une Grande Prêtresse, qu'ils appelaient Sàyyàdinà. La Révérende Mère sursauta lorsqu'elle entendit ce mot, à la fois hérité du syldàve et d'une langue aujourd'hui disparue. Et ce mot signifiait Révérende Mère ! Sans doute d'autres Bene Tesserite étaient déjà passées par là plusieurs siècles auparavant !

Elle en vint alors à parler du don de prophétie, la capacité de voir l'avenir et elle dit aux femmes qu'elle-même possédait ce don. Les Snomen croyant aux prophètes, les femmes acceptèrent cela sans discuter. Cela faisait partie du plan qu'elle avait mis au point plusieurs mois auparavant, avec ses deux Acolytes.

La Révérende Mère avait prévu de feindre une transe prophétique, dans lequel elle verrait le futur. Bien entendu, tout cela serait simulé et les mots qu'elle prononcerait devraient graver dans le coeur de ces Snomen, par une utilisation subtile de la Voix, la croyance en des temps meilleurs, où un messie viendrait parmi eux, accompagné de sa mère et les libérerait de l'oppression. Il fut donc prévu de réunir dès le lendemain un grand nombre de Snomen.


C'était l'objectif poursuivi par la Missionaria Protectiva, c'était la raison pour laquelle les trois Bene Tesserite étaient venues dans le Kitchassa et cet objectif allait de nouveau être atteint auprès des Snomen. De cette façon, si une Soeur Bene Tesserite venait à se perdre ici, elle survivrait...
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Message  Admin Mézénas le Ven 9 Juin 2017 - 17:44



Révérende Mère Tavara (peinture de la fin du 17è siècle, Musée des Bene Tesserite, Kaïtaïn).


Le Mont Venteux - 3 avril 1679


Dans une tente immense, plusieurs centaines de Snomen s'étaient réunis, à la demande de la Sàyyàdinà de la tribu du Mont Venteux. La Révérende Mère allait leur faire une démonstration de ses dons de prophétie.

Beaucoup de Snomen n'accordaient guère d'importance à cette femme. Elle n'était pas Snomen, elle n'était pas une Sàyyàdinà et elle était déjà bien trop âgée pour enfanter, donc pour eux elle était sans intérêt. Les Snomen ignoraient que malgré ses 77 ans, Tavara pouvait modifier son métabolisme et porter un enfant. Ils ignoraient également que bientôt, ils la considéreraient tous comme une Sainte Femme, la Sàyyàdinà des Sàyyàdinà.

Tavara s'assit à même le sol, au centre des Snomen réunis en cercle. La veille au soir, elle avait de nouveau revu le plan avec Ludmila et Séréna, ses deux Acolytes et elle avait également retravaillé le texte qu'elle allait déclamer. Chaque mot avait été choisi avec soin, afin d'impressionner les Snomen grâce à l'utilisation de la Voix et d'ancrer en eux et pour longtemps la Grande Prophétie, celle qui annonçait la venue d'un messie et de sa mère Bene Tesserite.

Une Snomen vint à elle, portant une outre en peau de bête, dont l'extrémité se terminait par un long tube. L'outre contenait un mélange de sémuta et de diverses autres drogues, déjà utilisées à l'époque par les Sàyyàdinà pour accroitre les pouvoirs de divination et qui seraient utilisées plus tard par les mentats, afin d'accélérer leur réflexion et leur logique. La Révérende Mère porta à sa bouche l'extrémité du tuyau, il lui serait facile d'annuler les pouvoirs des drogues en les transformant au niveau moléculaire afin de garder ses idées claires et de simuler la transe prophétique. Mais pour cela, elle devait veiller à boire lentement.

C'est alors que par un malheureux concours de circonstances - ou bien était-ce voulu par une puissance extérieure - en repartant la Snomen marcha involontairement sur l'outre posé au sol alors que la Révérende Mère avait le tuyau en bouche. Aussitôt, une giclée de drogue liquide arriva dans son gosier, ce qui un bref instant lui rappela un amant qu'elle avait bien connu dans sa jeunesse. Elle écarquilla les yeux puis s'écroula sur le sol, son corps fut alors secoué de violents spasmes et un filet de bave coula de sa bouche.

Son esprit fut alors transporté ailleurs. Autour d'elle elle ne voyait que ténèbres, entrecoupées par instant de lumière vive qui lui montrait alors le néant et lui donnait le vertige. Des images se succédèrent dans son esprit, était-ce le futur ou bien le passé ? Sur le coin gauche de son regard elle aperçut comme un tourbillon, c'était un endroit qu'elle connaissait bien, un endroit où aucune Bene Tesserite ne pouvait porter le regard sans mourir aussitôt et instinctivement, elle s'en détourna. D'autres images affluèrent à son esprit, elle chercha à les interpréter mais leur sens lui échappait.

C'est alors qu'elle s'entendit parler ! C'était sa voix, mais ça n'était pas elle qui parlait, quelqu'un ou quelque chose avait pris possession de son corps !



Révérende Mère Tavara : La souris et le faucon sont semblables, le faucon et la souris sont semblables !

Le voici qu'il vient, l'Instructeur, le Sage, c'est un Ancien et pourtant il est si jeune !


Les Acolytes ne reconnaissaient pas le texte qu'elles avaient préparé la veille avec Tavara, elles comprirent que quelque chose se passait mais elles ne pouvaient intervenir !


Révérende Mère Tavara : Il vient, le Mahdi, il est proche ! Cela se passera dans un temps pas si éloigné mais plus long qu'une vie d'homme ! Guettez les signes de la venue du Mahdi, car ces signes vous sont donnés pour que vous les gardiez en vous et que vous sachiez que le temps est proche !

Un peuple arrivera d'une terre séparé par des eaux, des fils et des filles de Mézée, un dieu à tête de sanglier !

Puis un autre dieu se lèvera, de métal et d'acier, il s'éveillera, son intelligence sera une insulte faite aux hommes et il fera la guerre aux hommes !

Puis un homme se dressera et unira le peuple de Mézée puis il vaincra le dieu de métal et d'acier ! Et il règnera un temps, puis un autre temps, puis la moitié d'un temps ! Alors son propre fils lui ôtera la vie et prendra sa place !

Mais voici un autre signe ! Le feu du ciel s'abattra sur cette terre de glace, une lumière plus aveuglante qu'un million de soleils ! Malheur aux enfants des hommes qui regarderont la lumière car ils perdront la vue !

Puis viendra le chaos, d'un extrême à l'autre, puis à nouveau d'un extrême à l'autre ! Alors la mort sera sur vous tous, pauvres hommes qui vivrez ce temps ! Vous mourrez de soif et vos squelettes danseront sous un soleil brûlant !

Puis il viendra, lui et sa Sainte Mère, une Bene Tesserite ! Il se choisira un autre nom que celui que sa mère lui donna, il sera Muad'Dib, la souris et le faucon ! Sa mère vous enseignera son Art Étrange, il vous mènera vers des victoires sans nombre et vous chasserez l'ennemi ! Il ne sera pas de ce monde, mais il connaitra vos usages comme s'il y était né ! Muad'Dib viendra à vous et vous viendrez à lui !

Là où il y avait la haine, Muad'Dib apportera l'amour ! Là où il y avait la guerre, Muad'Dib apportera la paix ! Et du néant sortira un jardin qui changera le visage de cette terre !

Souvenez-vous de ces paroles, car aussi vrai que vous les avez entendues aujourd'hui, un jour elles s'accompliront toutes !

La souris et le faucon sont semblables, le faucon et la souris sont semblables !


La Révérende Mère poussa alors un cri puis s'effondra sur le sol, un filet de sang coulant de ses yeux et de sa bouche. Elle était morte.

Les Snomen étaient stupéfaits de ce qu'ils avaient entendu, ils restèrent silencieux et hagards durant de longues minutes, regardant le corps de la Révérende Mère Tavara, à présent sans vie.

A l'extérieur du cercle formé par les Snomen, les deux Acolytes gisaient elles aussi sur le sol et du sang coulait également de leurs yeux et de leur bouche.


La Grande Prophétie avait été révélée et de génération en génération, les Snomen la transmettraient à leurs enfants, puis aux enfants de leurs enfants.
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Message  Admin Mézénas le Mer 14 Juin 2017 - 18:30

Le Grand Bouclier - 23 novembre 1957


Cela fait un peu moins d'un an que Maximilien et Anna Pathyne, qui fuyaient la Francovie jallaniste, ont été tués par deux tigres-Lazas. Leur fils, un jeune garçon prénommé Paul, a été recueilli par une tribu Snomen, la tribu du Grand Bouclier.

Richard Albert, un hors-monde qui a rejoint les Snomen il y a fort longtemps et dont certains disaient qu'il avait vécu plus d'une vie, a pris l'enfant sous sa protection.

Aujourd'hui, le jeune Paul s'est bien adapté à sa nouvelle vie. Il a été accepté par tous les Snomen de la tribu. Chez ce peuple assez sauvage - certains diraient même barbare et primitif - dès leur plus jeune âge les enfants apprennent à chasser. En des temps moins cléments, on leur apprend aussi à se battre et à tuer. Mais Paul n'est pas à l'aise avec le maniement des lances, des poignards et encore moins des armes à feu.

Parfois, Richard et quelques Snomen partent pendant plusieurs jours. Paul a bien essayé de leur faire dire où ils s'en vont, mais Richard se contente de lui répondre qu'il est trop jeune mais qu'un jour viendra où il pourra venir avec eux.


Il arrivait fréquemment que Paul repense à ses parents. Il se souvenait assez bien de leur visage mais parfois, il n'arrivait plus à se souvenir et il en était très triste. Tandis que les hommes partaient à la chasse ou quand Richard s'absentait pour cette fameuse destination inconnue, Paul s'éloignait du campement. Il avait repéré un endroit qui dominait une grande plaine, totalement blanche, totalement lisse. Il s'asseyait là, et il admirait le paysage pendant des heures, en laissant son esprit vagabonder.

Un jour qu'il s'était ainsi isolé, il entendit soudain un bruit derrière lui. Quelqu'un venait de donner un coup de pied dans une pierre et celle-ci était venue rouler jusqu'à lui. Il se retourna et aperçut alors une petite fille, qui devait avoir comme lui 9 ou 10 ans. La petite fille s'approcha de lui.




La petite fille : Salut ! Je peux m'asseoir à côté de toi ?

Paul : Qu'est-ce que tu veux ?

La petite fille : Oh, rien, juste discuter avec toi. Tu t'appelles comment ?

Paul : Je m'appelle Paul. Je suis Paul Pathyne, Duc de Mézénas !

La petite fille : T'es un Duc ? Non, en fait t'es un trouduc ! Hihi, c'est rigolo !

Paul : Tu as tort de te moquer, dans mon pays je suis une personne importante ! Et toi, tu t'appelles comment ?

La petite fille : Marie-Hélène. Dis, je peux t'appeler Paulo ?

Paul : Personne ne m'a jamais appelé comme ça !

Marie-Hélène : Eh bien c'est comme ça que je t'appellerai, maintenant ! D'accord, Paulo ?

Paul : Tu es une Snomen ?

Marie-Hélène : Non, mes parents sont arrivés ici il y a plusieurs années. Ils venaient de Prya, c'était des explorateurs.

Paul : Et ils sont où, maintenant ?

Marie-Hélène : Eh bien... (elle soupire) Papa aimait faire de l'alpinisme et maman le suivait partout où il allait. Pis un jour, ils ont eu un accident, ils sont tombés et ils sont morts.

Paul : Mes parents aussi sont morts.

Marie-Hélène : Cool ! Enfin, je veux dire, c'est triste. Mais on a perdu nos parents tous les deux, toi et moi on est pareils ! (après un silence) Paulo, je peux mettre ma tête sur ton épaule ?

Paul : Oui, Marie-Hélène.

Marie-Hélène : Je t'aime bien, Paulo, tu seras toujours mon copain.



Ce jour-là, Paul Pathyne venait de rencontrer Marie-Hélène de Palandier...
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