Dans la demeure des Van Dorrenn

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Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mer 30 Nov 2016 - 19:07




De l'une des fenêtres du château des Van Dorrenn, Piter de Vries admirait la capitale du Dorbasse, Baronnia. Au loin, les fumées des usines masquaient les dernières lueurs du jour et alors que le soleil n'était pas encore couché, le ciel était aussi noir qu'une nuit sans lune.

Baronnia s'enorgueillait d'être la ville la plus polluée de Mézénas, l'air y était par certains moments irrespirable.

De Vries était un mentat. Ses capacités d'analyse et de déduction, sa logique en faisaient ce qu'on pouvait appeler un ordinateur humain. Depuis l'Éveil d'Arès et le conflit que cela avait entrainé, les Mézènes étaient devenus réfractaires à tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à une machine pensante. Un 11è commandement avait même été rajouté à la Bible Syiste Orange : "Tu ne feras point de machine à l'esprit de l'homme semblable". Dès lors, les Mézènes s'appuyèrent sur les seules capacités de l'esprit humain. Et ceux comme De Vries dont on avait décelé qu'ils avaient des prédispositions avaient reçu un entrainement spécial, leur esprit avait été poussé au-delà des limites auxquels les autres hommes étaient normalement soumis. Après un examen final, il était devenu mentat et il s'était rapidement mis au service des Van Dorrenn.

Il fut soudain sorti de sa contemplation par un cri déchirant qui venait d'une salle adjacente.

Rabban van Dorrenn avait décidé de s'entrainer au combat et avec lui, les adversaires ne survivaient que rarement. Pendant que les serviteurs étaient occupés à nettoyer le sang qui avait souillé le sol, Rabban s'accorda une pause et rejoignit De Vries.



Rabban van Dorrenn : Celui-là a été un peu plus coriace et il a tenu plus longtemps que les autres. Comme j'aurais voulu que ce soit le jeune Leto ! Ces Atrèdes, qu'ils soient tous maudits, je voudrais les voir crever dans leur merde et dans leur sang !

Piter de Vries : Mon Seigneur, je pensais qu'après avoir trucidé quelques gaillards, votre colère aurait diminué.

Rabban van Dorrenn : Pour tout te dire, Piter, je ressens moins de haine pour les Atrèdes que j'en ressens à l'égard de mon père. Un vrai Van Dorrenn ne s'enfuit pas lors d'un combat ! Et en plus du déshonneur qu'il a jeté sur notre famille, il a bien failli nous faire perdre notre rang et notre titre.

Piter de Vries : Certes, Mon Seigneur, mais fort heureusement, votre oncle a arrangé tout cela et grâce à lui, le titre et le Dorbasse restent aux Van Dorrenn. Selon moi, il était évident que si le Prince-Padishah avait refusé de donner le titre à votre oncle, il aurait commencé son règne de la pire des façons. Actuellement, il a besoin du soutien des Grandes Maisons, toutes les Grandes Maisons, il ne pouvait pas se permettre de s'attirer la rancoeur de l'une d'entre elles. Et avec le jeu des alliances, le pays aurait pu être à nouveau déchiré par une guerre civile.

Rabban van Dorrenn (avec un air de mépris) : Bah ! Moi, la politique et ses subtilités, je n'y comprends rien et je ne veux rien y comprendre. Quand on a un différend avec une personne, on corrompt ou on tue, c'est aussi simple que ça !

Bon, j'y retourne avant de me refroidir.


De Vries suivit Rabban du regard tandis que ce dernier s'éloignait. "J'ai du mal à m'imaginer que ce gros balourd héritera un jour de toutes les possessions des Van Dorrenn", songea-t-il.

Il trembla en se disant que s'il avait exprimé cette idée à voix haute, son sang aurait sans nul doute souillé à son tour le sol de la salle d'entrainement.
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mar 6 Déc 2016 - 16:11

Abulurd et Wladimir van Dorrenn étaient demi-frères. Lorsque Daphné, la mère d'Abulurd, décéda, son époux Dmitri prit en seconde noce Victoria et de cette union naquit Wladimir.

Les deux hommes ne se ressemblaient en rien. Abulurd était d'un naturel calme, paisible. Bien qu'il soit de sang noble, il n'hésitait pas à se mêler aux gens du peuple, dont il partageait souvent le repas et parfois même le travail aux champs. Wladimir était vindicatif et cruel, toujours prêt à fomenter des complots et il avait une haute estime de lui-même et de son rang.


Après le couronnement du Prince-Padishah, la sentence prononcée contre Abulurd avait été confirmée et pour sa couardise lors de la bataille de Corryn, il avait été déchu de tous ses titres. Abulurd ne fut guère contrarié par cette nouvelle et accepta son sort, mais Wladimir ne l'entendait pas ainsi. Il fit une requête auprès de Paul Pathyne afin que la Maison des Van Dorrenn, son domaine et ses propriétés, lui reviennent. Le Prince-Padishah avait accepté, ne voulant pas prendre le risque de s'attirer la colère d'une des familles nobles qui l'avaient soutenu lors de son accession au trône. Et Wladimir, bien que n'étant pas l'ainé de son père, avait hérité du titre de Baron.

Avant de quitter Kaïtaïn et de repartir pour le Dorbasse, il avait placé ses espions dans la capitale. Et l'un d'entre eux lui avait rapporté que le Prince-Padishah avait envisagé de désigner la Maison Van Dorrenn pour exploiter la savonite du Kitchassa, avant d'accorder finalement ce privilège à la Maison Richèse. Voyant ainsi s'envoler une opportunité d'accroître la fortune des Van Dorrenn, Wladimir fut énormément contrarié et il commença à imaginer divers stratagèmes afin de saborder l'exploitation de la savonite, pour que celle-ci soit retirée à la Maison Richèse et lui soit confiée.

Mais en attendant, il devait s'occuper d'une autre affaire, qui n'allait cependant pas être aussi compliquée à régler.


Il avait convié Abulurd à son repas qui, comme à l'habitude, n'était pas vraiment frugal. C'était un homme qui appréciait la bonne chère et cela se voyait ! Cependant, malgré son embonpoint, il pouvait encore se déplacer, s'aidant parfois d'une cane. Le pommeau de cette dernière représentait deux amants enlacés.

Il venait d'engloutir deux douzaines d'huitres ainsi qu'un sanglier et avait demandé qu'on lui amène la suite. Le sujet qu'il désirait aborder avec son frère était délicat. Il se servit un verre de Kirana et il fit de même pour son frère. Il resta quelques instants à contempler l'alcool dans son verre.



Wladimir van Dorrenn : J'ai été heureux de quitter la capitale et de pouvoir respirer l'air pollué du Dorbasse à mon retour. A Kaitain, tout le monde se pomponne et se parfume, toutes ces odeurs de propre et de raffinement deviennent vite écoeurantes ! (il fit une moue de dégoût).

Bien, Abulurd, nous avons à parler. Je suis désormais le chef de la Maison Van Dorrenn et... Cela m'ennuie d'avoir à te le dire, mais tu ne peux plus demeurer ici. Cependant, je ne peux pas te jeter dehors sans aucun ménagement, nous sommes tout de même frères. Aussi je t'envoie dans le nord. Il y a un village de pêcheurs de baleines et je suis certain que tu t'y trouveras bien.

Mais il faut que tu saches que tu partiras seul. Rabban restera ici, avec moi. Plus tard j'en ferai mon héritier.

J'en ai déjà parlé avec lui et il a semblé accueillir cette nouvelle avec un certain soulagement. Je crains que lui et toi, vous n'ayez plus guère de choses à partager. Il ne te pardonnera pas ta forfaiture comme moi je t'ai pardonné.

Abulurd van Dorrenn : Je comprends. De toute façon, nous nous sommes de plus en plus éloignés ces derniers temps. Et je trouve qu'il te ressemble en prenant de l'âge. A tel point que je me suis plusieurs fois demandé si tu n'étais pas son père.

Wladimir van Dorrenn : Moi, le père de Rabban ? Allons, tu sais bien que cela ne se peut pas ! Ton épouse Emmi, paix à son âme, était certes très belle et très séduisante, mais enfin, ce n'est un secret pour personne, je n'ai jamais été attiré par les femmes... Bref, quoi qu'il en soit, tu partiras demain matin.

Tu resteras toujours mon frère, mais ta place n'est plus ici.


Le silence s'installa bientôt entre les deux hommes.


Wladimir van Dorrenn : Bon, vais-je bientôt pouvoir poursuivre mon repas ? Mais que fait donc cet empoté de cuisinier ? S'il ne se dépêche pas, c'est lui que je vais embrocher et faire rôtir à petit feu !


Ce n'était pas une phrase en l'air. C'est ainsi qu'avait terminé le prédécesseur du cuistot.
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Sam 24 Déc 2016 - 14:47

Wladimir tentait d'apprendre à son neveu Rabban comment bien se tenir en société. En effet, dans une semaine le Duc Féodor donnerait un bal en son château et une invitation était parvenue au Baron Van Dorrenn. Le Duc s'attendait probablement à ce qu'il décline l'invitation. Cependant, par défi, le Baron serait présent et il emmènerait son neveu avec lui.

Alors qu'il expliquait à Rabban qu'il n'était pas indispensable de mettre son poing sur la figure d'un noble qui venait de vous marcher sur le pied, Piter de Vries les rejoint.



Piter de Vries : Mon Seigneur, je viens de recevoir un premier rapport de notre homme, au Kitchassa. Souhaitez-vous que je vous en donne la teneur ?

Wladimir van Dorrenn : Parle, Piter ! Rabban, observe, écoute et apprends ! Un jour, cela te sera utile, quand tu règneras sur le Dorbasse Je t'écoute, Piter.

Piter de Vries : Notre homme nous indique que le Comte Alban Richèse est arrivé au Kitchassa depuis deux semaines. Il a beaucoup de mal à supporter les températures très basses qui règnent dans cette région et il sort rarement de la Citadelle.

Il semble éprouver de la sympathie pour les Snomen, les Hommes des Neiges. Selon notre...

Rabban van Dorrenn : Les Snomen ?

Piter de Vries : Les autochtones, Mon Seigneur.

Wladimir van Dorrenn : Des rats pouilleux, ils vivent dans des huttes où ils s'entassent à dix ou douze. Mais ils sont solides et ils servent de main d'oeuvre à l'exploitation de la savonite, en tout cas pour les plus courageux d'entre eux. Continue, Piter !

Piter de Vries : Selon notre homme, il pourrait sans difficulté saboter les installations et faire passer ça pour un faute de négligence, comme l'utilisation d'un matériel non adapté.

Mon Seigneur, d'après les informations qu'il donne, j'ai fait divers calculs et des projections. J'ai estimé que la quantité de savonite extraite pourrait fortement diminuer, d'environ 30%, dès le mois prochain. Non seulement cela risque fort de déplaire à la Guilde et au Prince-Padishah, mais ce dernier pourrait commencer à envisager de relever le vieux Richèse du poste d'administrateur du Kitchassa si cela se produisait à plusieurs reprises. Mais en plus, cela vous permettrait d'écouler vos réserves de savonite. Vous pourriez les revendre au marché noir à un prix supérieur au cours normal. Vous seriez donc gagnant sur les deux tableaux !

Dois-je lui demander de passer à l'action tout de suite, Mon Seigneur ?

Wladimir van Dorrenn : Donne-lui le feu vert, Piter ! (se tournant vers Rabban) Tu vois, mon neveu, parfois il n'est pas nécessaire d'user de violence pour abattre un adversaire. Le combat peut être un peu plus subtil et bien souvent, c'est beaucoup plus efficace.

Rabban van Dorrenn : C'est peut-être beaucoup plus efficace, mais c'est assurément beaucoup moins amusant.

Wladimir van Dorrenn :
Certes, certes, mais l'efficacité prime sur tout le reste. Cependant, je dois bien reconnaître que tu as raison !


"Rabban est un tueur, pas un comploteur. Il lui manque de la subtilité", songea Wladimir. "Il est beaucoup plus adroit avec un poignard qu'avec sa cervelle."
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Sam 21 Jan 2017 - 18:44

Wladimir van Dorrenn : Piter ! Piter ?? Mais où diable est passé cet incapable ? Piter, réponds avant que je ne décide de te faire écarteler !


Le Baron Wladimir appelait son mentat, mais ce dernier semblait ne pas avoir envie de répondre.


Wladimir van Dorrenn : Piter, je te préviens, si tu...

Piter de Vries : Vous m'avez appelé, Mon Seigneur Baron ?

Wladimir van Dorrenn : Oui, où étais-tu ? (il renifla l'haleine du mentat et eut une moue de dégoût) Oh, je connais cette odeur de rat crevé, tu as encore passé ton après-midi dans les vapeurs de sémuta !

Piter de Vries : Mon Seigneur, vous n'êtes pas sans savoir qu'elle a un effet positif sur mes petites cellules grises.


La sémuta était une drogue qui était fort prisée chez les mentats, car elle leur ouvrait la conscience et pouvait accroitre leur capacité de déduction et de logique. Certains affirmaient même qu'à forte dose, elle pouvait donner des visions de l'avenir à celui qui en prenait. Cependant, il n'était pas recommandé d'en abuser car c'était aussi un poison toxique.


Wladimir van Dorrenn : Bien, dis-moi, est-ce que notre homme au Kitchassa est passé à l'action ?

Piter de Vries : Oh, Mon Seigneur, vous serez heureux apprendre qu'il est en effet passé à l'action ! A la suite de la destruction malencontreuse d'une nappe de savonite, ce mois-ci la Maison Richèse aura extrait 30% de savonite en moins ! Sa Majesté Sacrée et la Guilde des Navigateurs ne vont guère apprécier. Et nous avons revendu une partie de vos stocks à un prix supérieur au cours normal !

Wladimir van Dorrenn : Fort bien, fort bien ! Le vieux Richèse sera relevé de ses fonctions et j'espère bien que c'est moi qui prendrai sa place ! Et qu'en est-il des entreprises dont nous avons la direction ?

Piter de Vries : Eh bien, attendez que je consulte mes notes... J'ai justement fait le bilan de ce mois de janvier il y a quelques jours... Nous dépassons les 10,000 M$ de chiffre d'affaires. De plus, grâce aux projets urbains du gouvernement, vos deux compagnies de BTP ont produit au maximum de leur capacité... (il ajouta avec un sourire) et surtout, à moindre coût.

Wladimir van Dorrenn : Ah oui, bien sûr ! Ces réfugiés francovars sont une bénédiction du ciel, ils travaillent plus dur que les Mézènes et sont deux fois moins cher ! Je souhaite que ce Colonel Tarque reste au pouvoir le plus longtemps possible !

Bien, pour fêter ces bonnes nouvelles, je t'invite à ma table ! Je vais ouvrir une bonne bouteille de Kirana, va donc demander au cuisinier qu'il nous prépare quelques poulets et des brochettes de lochon grillé !
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mer 25 Jan 2017 - 17:29

Wladimir van Dorrenn se mit dans une colère folle quand il apprit qu'à la suite des débordements de supporters lors du match de la veille, la victoire avait été offerte au Cardoville FC.

Il maudit l'arbitre, qui avait selon lui été acheté par les Atrèdes, pour l'expulsion d'un de ses joueurs. L'arbitre n'était pas très grand et il le qualifia de nabot stupide et d'autres termes peu élogieux.

Un garde qui l'avait entendu dit alors qu'il n'était guère fair-play de se moquer des personnes de petite taille. Le Baron se tourna alors vers lui et ordonna qu'on coupe les jambes du garde, au-dessus des genoux, et surtout sans anesthésie ! Puisque cet insolent semblait compatir pour ceux qui avaient eu des problèmes de croissance, il était normal qu'il partage leur sort.

Alors que l'on empoignait le pauvre garde qui pleurait et se débattait et criait qu'il regrettait ce qu'il venait de dire, le Baron appela son mentat.



Piter de Vries : Oui, Seigneur Baron ?

Wladimir van Dorrenn : Piter, je vais avoir besoin de toi. Aide-moi à trouver un moyen de passer ma colère. Ce n'est pas ce supplice que j'ai ordonné pour ce garde stupide qui va me calmer. Trouve quelque chose, n'importe quoi !

Piter de Vries : Eh bien, Mon Seigneur, je crois que j'ai trouvé quelque chose qui pourrait vous intéresser. Cela pourrait s'avérer très lucratif.

Wladimir van Dorrenn : Ah, là tu m'intéresses !

Piter de Vries : Vous savez que l'industrie mézène crée beaucoup de déchets en tout genre. Ces déchets sont utilisés pour fabriquer de l'électricité, par notre usine de retraitement.

Wladimir van Dorrenn : Oui, encore une idée absurde de ces foutus écologistes !

Piter de Vries : Nous pourrions en détourner une partie et les utiliser pour tout autre chose.

Wladimir van Dorrenn : Mais qu'est-ce que tu créerais avec ça ?

Piter de Vries : Les Mézènes vont les acheter. Mieux, ils vont se précipiter dessus !

Wladimir van Dorrenn : Je ne te suis plus, pourquoi les Mézènes achèteraient-ils des déchets ? Ils vont les manger au petit-déjeuner ?

Piter de Vries : Non, ils vont les fumer ! On ajouterait ces déchets au tabac et on y ajouterait quelques substances addictives. Ainsi, au bout d'un certain temps, ils deviendraient dépendants et ne pourront plus s'en passer ! N'est-ce pas machiavélique, Mon Seigneur Baron ?


Au loin, on entendait les cris du pauvre garde alors que la scie lui tranchait les jambes, mais le Baron n'écoutait pas. Écouler les déchets en les mettant dans des cigarettes ! L'idée était lumineuse ! La colère du Baron avait totalement disparu.


Wladimir van Dorrenn : Piter, c'est dans ces moments-là que je suis heureux que nos chemins se soient croisés ! Combien de temps cela prendrait-il, pour la mise au point ?

Piter de Vries : Oh, cela serait très rapide, je pense que d'ici 3 à 4 semaines, nous pourrions commencer à vendre ces cigarettes. J'ai quelques relations dans le milieu du marketing, ils vont s'occuper du packaging, monter une campagne publicitaire, faire en sorte que la cigarette devienne un produit tendance, bref, ce genre de choses dont ils ont l'habitude.

Wladimir van Dorrenn : Parfait, tu as mon feu vert !


Le Baron imaginait déjà tous les Mézènes fumant les cigarettes qu'il fabriquerait. Et bien sûr, il en aurait l'exclusivité !

Sans nul doute, sa fortune allait encore s'accroitre...
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Jeu 30 Mar 2017 - 11:51

Le Baron Wladimir revenait de Belgograd où l'équipe masculine de scanthir acrobatique qu'il entrainait ne s'était pas vraiment illustrée. En quatre rencontres, les Mézènes avaient gagné une seule fois, en plus sur un score étriqué, et avaient perdu leurs trois autres matchs. Wladimir avait passé une soufflante aux joueurs que ceux-ci n'étaient pas prêts d'oublier.

Comme il le craignait, Rabban passa un sale quart d'heure quand son oncle apprit sa défaite au tournoi de tennis d'étable de Mézénas. "Tu es un incapable !", lui avait-il dit. "Même un chimpanzé avec une main dans le dos aurait fait mieux que toi ! Sors de ma vue, je ne veux plus te revoir de la journée !" Il ne savait pas encore la "récompense" qu'il allait lui donner pour cet échec, mais à entendre la colère de son oncle, Rabban craignait le pire. Il avait peu après quitté la demeure familiale et était parti à la chasse avec ses hommes.

Piter de Vries, le mentat des Van Dorrenn, avait assisté à la scène en restant en retrait. Mais dès que Rabban fut parti, il se montra enfin.



Wladimir van Dorrenn : Si cet imbécile n'était pas mon unique héritier, je l'aurais étranglé de mes propres mains. Et je suis certain qu'il n'a pas fini de me créer des tourments !

Bon, Piter, annonce-moi de bonnes nouvelles. Je t'avais demandé une projection concernant la prochaine élection sénatoriale et les différents candidats. As-tu terminé ?

Piter de Vries : Eh bien, Mon Seigneur Baron, selon les derniers sondages, la gauche semble en passe de l'emporter, même si son avance est assez faible. La Chancelière Suzanne Destier est perçue comme faisant du très bon travail, mieux que son prédécesseur.

Wladimir van Dorrenn : Ça n'est pas difficile de faire mieux que Minnaud ! Bien, et donc, une victoire de la gauche serait-elle une bonne chose pour les entreprises Van Dorrenn ?

Piter de Vries : Pas vraiment. Le Parti de la Gauche Ouvrière propose une hausse du salaire minimum de 20%. Bien sûr, nous pourrions continuer d'employer à moindre coût les réfugiés francovars, mais cette hausse du salaire minimum nous serait préjudiciable. D'autant que le Parti Travailliste, le parti de la Chancelière, veut abaisser la durée légale du temps de travail à 39 heures hebdo. J'ai mis au travail mes petites cellules grises et selon la computation mentat que j'ai faite, toutes ces mesures pourraient diminuer notre productivité dans les mois qui viennent.

Wladimir van Dorrenn : Et en face, ça serait mieux ?

Piter de Vries : Oui, c'est certain, Mézénas Uni veut construire une université dans la capitale, le Parti Conservateur veut renforcer notre armée, tout ça c'est très bon pour nos entreprises de construction. Et les mesures du Rassemblement du Peuple Mézène sont elles aussi fort intéressantes, ce parti propose de faciliter le licenciement en cas de difficultés de l'entreprise et il est peu probable que le salaire minimum soit fortement augmenté avec eux au gouvernement.

Wladimir van Dorrenn : Et tes conclusions, quelles sont-elles ?

Piter de Vries : La droite au pouvoir serait une très bonne chose pour nos affaires, la gauche nous ferait perdre énormément d'argent.

Wladimir van Dorrenn : Il nous faut donc trouver un moyen d'empêcher la victoire de la gauche. (apercevant le sourire rusé de Piter) Et quelque chose me dit que tu as déjà une petite idée !

Piter de Vries : En effet, Suzanne Destier est l'une des personnes les plus en vue du Parti Travailliste, c'est elle qui doit devenir notre cible. Je propose une stratégie en deux temps. Dans un premier temps, faire capoter un de ses projets pour lui faire perdre un peu de son assurance. Je propose d'amener le Landsraad à rejeter le TRM avec la CSH, j'ai déjà demandé à notre représentant de voter contre, et il faut convaincre les autres représentants des Grandes Maisons de l'inutilité d'un tel traité.

Wladimir van Dorrenn : La CSH ! Ce paradis des écolos-bobos ! Le respect de la nature, de l'environnement, les petites fleurs, les oiseaux, pouah !

Piter de Vries : Justement, ils ont des normes de respect de l'environnement qui font que ça nous coûterait une fortune d'adopter nos produits et notre façon de produire !

Wladimir van Dorrenn : Très bien, je te charge de convaincre les autres représentants au Landsraad. Et ensuite, tu as parlé d'une stratégie en deux temps, que prévois-tu pour nuire à Destier ?

Piter de Vries : Un bon petit scandale sexuel, ça fait toujours son effet ! Je sais avec certitude que la Chancelière entretient une relation intime avec notre Prince-Padishah bien-aimé !

Wladimir van Dorrenn : Non, sérieux ? Le vieux se tape cette blondasse ?

Piter de Vries : Oui, elle a sans nul doute bien manoeuvré pour être nommée à la Chancellerie. Mais du fait de son engagement à gauche, il s'agit tout de même d'une "grave compromission avec un représentant du patronat", pour reprendre l'expression chère à ces gauchistes. Les électeurs travaillistes ne vont pas aimer.

Wladimir van Dorrenn : Mais n'est-ce pas un peu risqué d'impliquer le Prince-Padishah ?

Piter de Vries : Faisons circuler la rumeur qu'elle entretient des relations avec un noble, sans en dire plus, cela suffira. Elle sera bien embarrassée pour démentir. Elle sera totalement discréditée et ça se ressentira dans son parti mais surtout dans les urnes. Les électeurs se reporteront sur Mézénas Uni, son programme n'est pas tellement éloigné de celui des Travaillistes, les mesures sociales de la gauche en moins, et cela pourra faire pencher la balance en notre faveur, car ce parti sera obligé de faire alliance avec les Conservateurs et le RPM.

Wladimir van Dorrenn : Parfait, arrange-toi pour que le scandale ne sorte pas trop tard, la campagne se termine demain soir.

Piter de Vries : Oui, et comme ça, elle ne pourra plus venir se défendre dans les médias et le doute et la suspicion resteront dans les esprits. Je m'en occupe tout de suite.

Wladimir van Dorrenn : C'est un plan machiavélique et délicieux ! Absolument délicieux !


Le mentat prit congé afin de pouvoir accomplir sa sinistre besogne.
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mer 12 Avr 2017 - 14:21

Le Baron accueillit Ferhig. En apparence, il semblait heureux de cette visite, mais la veille, quand il avait appris que Ferhig prenait la peine de venir le voir, ici, à Baronnia, il s'était interrogé sur les raisons d'une telle visite. Piter de Vries avait tenté de trouver une réponse à cette question, mettant ses petites cellules grises à contribution, usant et abusant de diverses drogues, comme l'Élixir de Sapho ou la sémuta, afin d'accélérer ses capacités de déduction et de logique, mais rien n'y avait fait : cette visite demeurait un mystère.





Baron Wladimir : Monsieur Ferhig ! Avez-vous fait bon voyage ?

Hasimir Ferhig : Oui, hmmm... fort bien, mais...

Baron Wladimir : Selon moi, Monsieur le Ministre, les tarifs de la Guilde sont honteusement élevés ! C'est une chance que ces maudits Navigateurs se rattrapent sur le confort de leurs appareils. Mais dites-moi, il est rare que nous recevions au Dorbasse la visite d'une personne aussi illustre que vous ! Quel est donc l'objet de votre venue parmi nous ?

Hasimir Ferhig : Eh bien, Baron, vous savez que le Prince-Padishah est au courant hmmm... de tout ce qui se passe dans son royaume, rien ne peut lui échapper. Et récemment, certaines rumeurs font état de... comment dire, hmmm... de corruption de membres du Landsraad. Ce qui expliquerait le rejet incompréhensible du traité avec la CSH.

Baron Wladimir : De la corruption, au Landsraad ? C'est vraiment une honte, comment de telles pratiques peuvent-elles...

Hasimir Ferhig : Ne vous fatiguez pas à jouer les vierges effarouchées, vous et moi savons très bien d'où vient cette corruption.

Baron Wladimir : Ah vraiment ? Vous, je ne sais pas, mais pour ma part, j'ignore totalement... (il feint de comprendre soudainement le sens des mots) Mais... Vous pensez que ça vient de moi ? Enfin, c'est impossible, vous ne pouvez prétendre pareille chose, c'est... Allons, jamais je ne...

Hasimir Ferhig : Baron, ma mère était Bene Tesserite, vous le saviez, oui ? Elle était Diseuse de Vérité, capable de discerner le mensonge. (tout en parlant, il observe les ongles de sa main gauche, impeccablement manucurés) Il semblerait qu'elle m'ait laissé en héritage une parcelle de hmmmm... son talent, ses capacités, car il m'arrive moi aussi de pouvoir deviner quand quelqu'un me ment. Ah, les miracles de la génétique ! N'est-ce pas quelque chose de merveilleux, n'est-ce pas tout à fait fascinant ?


"C'est pourtant cette même génétique qui a fait de toi un eunuque, totalement incapable de procréer", pensa le Baron "D'ailleurs, je me demande s'il peut encore... Non, je préfère ne pas y penser. Et cette façon onctueuse qu'il a de parler... Répugnant !".



Baron Wladimir : Oui, bon, vous savez, ce monde est un monde cruel, il faut parfois user de moyens peu conventionnels pour survivre et...

Hasimir Ferhig : Ce n'est pas de cela que je suis venu vous parlez, Baron. Puisqu'il semblerait que vous... hmmm... que vous ayez une certaine influence auprès de membres du Landsraad, le Prince-Padishah souhaite que vous usiez de cette influence pour... disons, hmmm... pour amener le Landsraad à faire une certaine chose.

Baron Wladimir : Je suis bien évidemment prêt à agir selon les désirs de Sa Majesté.

Hasimir Ferhig : Le Prince-Padishah attend du Landsraad qu'il ne s'oppose pas à la ratification de la Charte de l'ONA quand celle-ci lui sera à nouveau proposée. Mieux que cela, il souhaite une unanimité en faveur de cette charte !

Baron Wladimir : Bien, s'il n'y a que cela pour satisfaire Sa Majesté... Je verrai ce que je peux faire, ça me semble être tout à fait possible.

Hasimir Ferhig : J'aime à vous l'entendre dire ! Pour cette fois, Sa Majesté ne demandera pas de... hmmm, de sanctions contre vous. Mais il serait fort regrettable que cela se reproduise. Voilà, c'était le message que j'ai été chargé de vous transmettre.

Baron Wladimir : Dites-moi, Monsieur Ferhig... J'avais eu dans l'idée... Vous savez, l'exploitation des mines du Kitchassa est confiée à une Maison Noble, je ne vous apprends rien. Et étant donné les petits ennuis qu'a connus la Maison Richèse il y a quelque temps, j'avais caressé l'espoir que Sa Majesté nous ferait l'honneur de...

Hasimir Ferhig : N'y comptez pas, Baron ! Le Prince-Padishah est entièrement satisfait du travail du Comte Richèse. Et après ce que vous venez de faire, il est fort probable que lui vivant, jamais le Kitchassa ne vous sera confié. "Cela dit, il n'a plus guère de temps à vivre", pensa-t-il. "Dans six mois Mézénas pleurera son souverain et acclamera son fils". J'ai pu constater à quel point vos usines tournent bien, cela devrait vous suffire.

Baron Wladimir : Vous comprendrez que cette nouvelle ne m'enchante guère, mais qu'il en soit fait selon la volonté de Sa Majesté.

Hasimir Ferhig : Voilà, exactement ! Vous parlez bien, Baron !

Baron Wladimir : Désirez-vous rester pour déjeuner ? Je peux ordonner à mes gens de vous préparer un repas !

Hasimir Ferhig : Non, je vous remercie, je... hmmm, je suis attendu à Kaïtaïn, diverses petites choses à faire. Je suis Ministre à présent, j'ai un rôle et une place à tenir. Je vous salue, Baron. Et n'oubliez pas ce que je vous ai dit.


Le Baron Van Dorrenn regarda Hasimir Ferhig alors que celui-ci repartait. "Misérable petite fouine ! Comme je voudrais le voir mort, étendu sur le sol !"

Mais connaissant l'adresse et le talent de Ferhig au combat rapproché, il était peu probable que quelqu'un soit un jour en mesure de lui ôter la vie.
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Sam 15 Avr 2017 - 19:03

Après la visite de Ferhig, le Baron s'en voulut d'avoir si facilement admis le méfait qu'il avait commis. Comment avait-il pu être aussi stupide pour avouer à l'un des plus proches conseillers du Prince-Padishah qu'il avait corrompu plusieurs membres du Landsraad ? "Peut-être a-t-il utilisé une méthode que sa sorcière de mère lui a appris !" songea-t-il. "Oui, c'est la seule explication, c'est comme ça qu'il m'a tiré les vers du nez !"

A présent, il pouvait tout perdre, si cette fouine rapportait la chose au souverain ! Il imaginait les pires scénarios, il se voyait déjà poursuivi devant le Lansdsraad, devant ses pairs, privé de tous ses droits, de ses titres, de sa fortune !



Wladimir van Dorrenn : Piter ? Où es-tu, Piter ?

Piter de Vries : Vous m'avez appelé, Mon Seigneur Baron ?

Wladimir van Dorrenn : Oui, car j'ai de nouveau besoin de tes services. L'affaire est grave, très grave. Je ne sais pas comment, mais Ferhig a appris à propos des membres du Landsraad que nous avons corrompus.

Piter de Vries : Que nous avons corrompus, Mon Seigneur ? Je n'ai fait qu'exécuter vos ordres !

Wladimir van Dorrenn : Ah, ne joue pas à ce petit jeu, Piter, ce n'est pas le moment ! Si je tombe, tu tombes avec moi ! Bien, écoute, il est urgent que nous agissions, il faut... Je ne sais pas, trouve un moyen... quelque chose... n'importe quoi qui fasse oublier cette lamentable histoire !

Piter de Vries : Oui, oui, je vois, je vois... Bien, bien... Malgré ce qu'il vous a dit, je ne pense pas que Ferhig ait déjà rapporté cela au Prince-Padishah, il voudra assurément garder ça sous le coude, pour pouvoir l'utiliser plus tard, ça lui ressemblerait bien... Mais en attendant, il faudrait détourner son attention, peut-être trouver quelque chose contre lui, pourquoi pas... Puis-je y réfléchir quelque temps, Mon Seigneur ?

Wladimir van Dorrenn : Vicieux et tordu comme tu es, je ne pense pas que tu aies besoin de réfléchir longtemps.

Piter de Vries : Je vais voir ce que je peux faire. Soudoyer quelques personnes, ici et là... Hmmm, consulter les rapports de nos espions, voir si l'une des Grandes Maisons ne serait pas impliquée dans...


Il s'arrêta soudain, ses yeux s'illuminèrent et un sourire sournois apparut sur son visage. Le Baron attendait qu'il lui fasse part de l'idée qui venait de germer dans son esprit retors.


Wladimir van Dorrenn : Oui, donc ? Alors ?

Piter de Vries : Mon Seigneur, je ne peux rien dire pour le moment, je veux être sûr de moi. Laissez-moi le temps de contacter une personne et j'en saurai plus. Mais ce ne sera pas long, n'ayez crainte !

Wladimir van Dorrenn : Je le souhaite pour toi, sinon...
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mar 18 Avr 2017 - 17:36



Il n'avait pas été trop difficile pour le mentat Piter de Vries de trouver une faille, un levier, qui permettrait de faire reculer Hasimir Ferhig et de réduire à néant son chantage sur la Maison Van Dorrenn. C'est pour cette raison qu'il retourna auprès de son maître, le Baron, avec un large sourire sur le visage.

Le Baron prenait son repas, sur la table devant lui étaient disposées des assiettes contenant encore quelques brochettes de lochon et des restes de sanglier. Il passa sa langue sur ses dents, cherchant à récupérer les morceaux de viande qui étaient restés coincés.



Piter de Vries : Mon Seigneur Baron, je pense avoir trouvé un moyen de nous débarrasser de la menace de Ferhig.

Wladimir van Dorrenn (après avoir bu un verre de Kirana) : Vas-y, parle, je t'écoute.

Piter de Vries : Eh bien, il semblerait que Sa Majesté ait un enfant illégitime.

Wladimir van Dorrenn : Un enfant illégitime ? Es-tu sûr de toi ?

Piter de Vries : Sans le moindre doute ! J'avais un soupçon, à cause d'une ressemblance troublante mais infime, indétectable pour quiconque n'a pas ces capacités impressionnantes qui sont les miennes. Pour le commun des mortels, la chose était totalement passée inaperçue. Donc, comme personne n'avait de soupçon, personne n'avait eu l'idée de vérifier. Mais moi, je l'ai fait.

Comme vous le savez, tous les nobles du Landsraad et leur famille disposent de réserves de sang, placées en lieu sûr, au cas où l'un des nobles en aurait un grand besoin, à la suite par exemple d'une grave blessure qui lui aurait fait perdre beaucoup de sang. Une personne qui est fidèle à la Maison Van Dorrenn et qui a accès à ces réserves de sang a fait des tests à ma demande et m'a confirmé ce que je pensais : l'un des enfants des nobles du Landsraad est le fruit des amours illégitimes de Sa Majesté !


Le mentat tendit alors un dossier au Baron. Celui-ci l'ouvrit et ce qu'il lut le laissa sans voix. Un sourire malin se dessina sur son visage.


Piter de Vries : Mon Seigneur, vous comprenez, je suppose, tout ce que cela implique. Le Prince Faÿkan n'est plus l'unique héritier du Prince-Padishah. Ferhig ne sera bientôt plus une menace pour vous, il acceptera tout ce que nous lui demanderons en échange de notre silence ! Car il est un proche du Prince-héritier et espère sans doute bénéficier de son accession au trône. En fait, s'il en avait, je dirais que nous le tenons par les... Enfin, vous m'avez compris.

Wladimir van Dorrenn : Tu as tout à fait raison, Piter ! Je pense même pouvoir lui demander d'intercéder en ma faveur pour que Sa Majesté me donne le Kitchassa en fief-siridar ! Bien entendu, il ne faut surtout pas que cette personne qui t'a donné ce renseignement reste en vie.

Piter de Vries : Je me suis déjà chargé de ce petit détail, Mon Seigneur. Je dois même avouer que j'y ai pris un certain plaisir !

Wladimir van Dorrenn : Tu as bien le droit à quelques distractions, de temps à autres !


Le Baron partit dans un énorme rire et jeta sur la table le dossier qu'il avait dans les mains. Les papiers se répandirent au milieu des assiettes et des verres. Parmi ces papiers, il y avait la photo d'une jeune femme, d'une vingtaine d'années...
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mar 21 Nov 2017 - 20:52




Le jeune homme ne devait pas avoir plus de 25 ans. Il était arrivé dans la journée à l'aéroport Saint-Sevan, un vol en provenance de Neu Krassburg, puis il avait pris un autre vol qui l'avait emmené jusqu'à l'aérodrome de Baronnia.

Lorsqu'il sortit de l'appareil, il prit une profonde respiration. L'air pollué qui régnait à Baronnia, comme dans une bonne partie du Dorbasse, n'était pas tout à fait le même que dans la capitale krasslandaise, il avait un petit quelque chose en plus qui faisait qu'ici, il se sentait vraiment chez lui.

Feyd était le deuxième fils d'Abulurd van Dorrenn. Plus indépendant que son frère Rabban, il n'avait pas souhaité rester à Mézénas après la déchéance de son père. Il avait voulu voyager et tout naturellement, il était retourné vivre au Krassland, berceau de sa famille.


Mais aujourd'hui, il rentrait à Mézénas. Quelques jours auparavant, il avait averti son oncle, le Baron Wladimir, de son retour prochain et ce dernier avait paru enchanté de cette nouvelle, lui disant qu'il avait de grands projets pour lui. "Qu'est-ce que cette satanée vieille baudruche a prévu pour moi ?", s'était-il demandé.

Il arriva enfin à la demeure familiale, qui surplombait la ville. Aussitôt, les gardes du château le conduisirent à son oncle. Ce dernier prenait un souper léger - seulement deux poulardes, un lochon farci et un sanglier à la broche.



Feyd van Dorrenn : Je vois que vous avez toujours aussi bon appétit, mon Oncle !

Wladimir van Dorrenn (se retourne) : Feyd, mon adorable neveu, te voilà enfin ! (il se lève) Viens donc par ici, viens, que je te voie mieux.

Feyd van Dorrenn : Puis-je me joindre à vous pour le souper ?

Wladimir van Dorrenn : Oui, bien sûr ! (il se tourne vers un domestique) Vous, apportez donc une assiette et des couverts pour mon neveu ! Et dites au cuisinier de faire rôtir un autre sanglier !

Feyd van Dorrenn : Je ne sais pas si je pourrais avaler un sanglier entier !

Wladimir van Dorrenn : Allons, pas pour toi, Feyd, ce sera pour moi ! (le domestique apporte l'assiette et les couverts). Tiens, prends donc un morceau de lochon farci, je me souviens que c'est ton plat préféré ! La gastronomie mézène a dû te manquer, au Krassland ! Ce ne sont pas leurs krasswürsts qui vont rivaliser avec notre lochon !

Feyd van Dorrenn : Mon Oncle, vous disiez que vous aviez des projets pour moi...

Wladimir van Dorrenn : Oui, mais ne parlons pas de ça maintenant, nous verrons cela plus tard. Pour l'instant, mangeons !
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Dim 26 Nov 2017 - 11:26

Piter avait contacté le Baron, afin de lui dire ce qu'il avait vu dans sa vision. Ce dernier avait d'abord été dubitatif face à ce que lui avait dit son mentat.

Il savait qu'il arrivait à certains mentats d'avoir des visions mais que cela n'était pas dû à un soi-disant don de voyance comme prétendaient avoir ces sildàves diseuses de bonne aventure, miséreuses, les pieds crasseux et portant des vêtements usés, que l'on croisait parfois dans les rues de Baronnia et qui vous promettaient de vous dire l'avenir contre quelques pièces. Non, tout cela ne venait que des capacités fantastiques développées par les mentats, leur logique et leur esprit d'analyse, ça n'était rien d'autre que cela. Ça n'était pas une vision, c'était une prévision, une déduction. Mais il ne comprenait pas pour quelles raisons le Prince-Padishah aurait eu l'envie de retirer aux Van Dorrenn l'exploitation de la savonite. Le Baron avait tout fait pour que les mines aient le meilleur rendement possible et pas une seule fois les quantités extraites par les mineurs n'avaient diminué depuis qu'il avait reçu le Kitchassa en fief-siridar.

Cependant, rien dans la vision de Piter ne permettait de savoir quand cela se produirait, ce pouvait être l'an prochain ou bien dans 10 ans ! Et la seule idée de devoir abandonner le Kitchassa pour que ce soit les Atrèdes qui le récupèrent lui était insupportable !

Aussi décida-t-il de tenir compte des avertissements de son mentat. Et il lui demanda de le rejoindre dans le Dorbasse, son aide serait précieuse, il n'avait pas son pareil pour mettre sur pied les plans les plus tordus. Il viendrait avec Rabban, qui pouvait bien abandonner le Kitchassa quelque temps. Et ça lui ferait sans doute plaisir de revoir son frère.


Il fallait éviter à tout prix que les Atrèdes lui infligent une humiliation ! Et il comptait bien tout mettre en oeuvre pour régler le problème...
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Jeu 30 Nov 2017 - 11:12




Piter de Vries et Rabban arrivèrent du Kitchassa dans la matinée. Le Baron Wladimir ainsi que Feyd les attendaient.

Rabban fut surpris de voir que son frère était revenu du Krassland, mais ce ne fut pas le cas de Piter, qui avait depuis peu compris que le Baron voulait faire de son autre neveu son héritier.

Tout le monde s'assit autour d'une table et le Baron demanda que l'on apporte du Kirana, le fameux "trou du Dorbasse", dont il raffolait.



Rabban van Dorrenn : Content de te voir, Feyd, ça fait longtemps que tu es rentré ?

Feyd van Dorrenn : Pareil pour moi, mon frère. Depuis quelques jours, seulement. Tu t'en sors comment, au Kitchassa ?

Rabban van Dorrenn : Oh, pas trop mal. Pas plus tard qu'hier j'ai fait exécuter trois Snomen, qui ne travaillaient pas assez vite, j'ai fait ça pour l'exemple. Nous ne pouvons pas nous permettre une baisse de notre rendement, le Prince-Padishah et la Guilde attendent le meilleur de notre Maison et nous devons le leur donner.

Wladimir van Dorrenn : Je suis content de toi, mon neveu, je vois que j'ai eu raison de t'accorder ma confiance pour servir nos intérêts. Bien, ces retrouvailles sont émouvantes, mais nous devons nous concentrer sur autre chose. Piter, rappelle-nous ce que tu as vu dernièrement, alors que tu étais plongé dans une transe mentat.

Piter de Vries : C'était une transe comme jamais je n'en ai connue. Afin d'accroitre mes capacités de déduction et de logique, j'ai recours à l'Élixir de Sapho et à la sémuta. Ce sont des drogues qu'on qualifiera de classiques. Mais récemment, j'ai fait l'acquisition d'un nouveau produit, qu'on appelle l'Épice, et qui est bien plus puissant que ces drogues. J'ai d'ailleurs dû en prendre une trop forte dose car j'avoue que j'ai été fortement secoué et j'ai eu...

Wladimir van Dorrenn : Viens-en au fait, Piter ! Redis à mes neveux ce que tu as vu !


Piter se dit qu'il ne fallait pas qu'il s'embarrasse de préliminaires pour annoncer la chose à Rabban et à Feyd. Autant tout leur jeter à la face, ensuite il leur donnerait les détails.


Piter de Vries : La Maison Van Dorrenn se verra prochainement retirer l'exploitation de la savonite et cette dernière sera confiée  aux Atrèdes.

Rabban van Dorrenn : Quoi ? Maudits Atrèdes, je voudrais tous les voir crever !

Wladimir van Dorrenn : Du calme, mon neveu, du calme ! Piter, tu es sûr de toi ? Comment es-tu arrivé à cette conclusion ?

Piter de Vries : C'est à la fois très simple et très compliqué. Voyez-vous, Mon Seigneur, un mentat parvient à des déductions à partir de données précises et clairement définies. Et le processus par lequel il parvient à ces déductions, le cheminement de ses pensées, ne lui est pas inconnu, tout cela se fait de façon consciente. Mais apparemment, cette Épice a considérablement augmenté mes capacités, le seul défaut c'est que mon esprit n'est pas arrivé à des déductions de façon consciente, tout cela s'est passé au niveau de l'inconscient, à partir de données dont je n'ai pas connaissance mais qui sont enfouies en moi et donc...

Rabban van Dorrenn : Je n'ai pas compris un traitre mot à ce que tu viens de dire.


"Ça ne m'étonne pas, sombre crétin ! C'est bien trop subtil pour toi !", pensa Feyd.


Feyd van Dorrenn : Piter, donc tu es en train de dire que tu es arrivé à des conclusions, sans savoir à partir de quelles données tu y es parvenu, parce que c'est la partie inconsciente de ton cerveau qui contient ces données ?

Piter de Vries : C'est tout à fait cela, Mon Seigneur.

Feyd van Dorrenn : Mais quel crédit accordes-tu à ces conclusions ? Penses-tu qu'on puisse se fier à elles ?

Piter de Vries : Assurément, Mon Seigneur ! Elles me sont apparues d'une façon aussi claire et limpide que je vous vois !

Wladimir van Dorrenn : Et selon toi, Piter, quand ces choses arriveront-elles ? Sais-tu au moins quand le Prince-Padishah va décider de nous retirer l'exploitation de la savonite ? Et sais-tu pourquoi ?

Piter de Vries : Ça, hélas, Mon Seigneur, il m'est impossible d'être précis à ce sujet, je ne peux répondre à aucune des ces questions. Les conclusions me sont clairement apparues, comme je vous l'ai dit, et je n'ai aucun doute sur le fait que ces choses se produiront. Mais il m'est impossible de dire quand elles se produiront, ça peut être dans un an ou dans dix ans !

Rabban van Dorrenn : Dans ce cas, nous ne devons pas attendre plus longtemps ! Déclarons la guerre à ces maudits Atrèdes dès que possible, et le problème sera réglé !

Feyd van Dorrenn : Mon frère, nous ne pouvons pas comme ça nous lancer dans un conflit ouvert contre une autre Maison sans craindre des représailles, les Atrèdes ont des alliés et des soutiens parmi les autres Maisons du Landsraad. Nous devons agir par ruse et être sournois, plutôt que de frapper à la vue de tous !


"Comme tu as raison, mon neveu !", se dit le Baron. "Tu seras redoutable quand tu seras à la tête de la Maison Van Dorrenn. Enfin, seulement quand je ne serai plus là."


Wladimir van Dorrenn : Feyd, je sens que tu as déjà une idée en tête, je me trompe ?

Feyd van Dorrenn : Nous ne devons pas chercher à abattre les Atrèdes, nous devons les affaiblir. Le Duc Féodor est un homme sage et intelligent. Il a su s'attirer à lui les faveurs de son peuple, ce dernier le respecte et éprouve un véritable amour pour lui. Sous sa direction le fief de Cardolane est prospère.

Mais son unique héritier, Léto, est au contraire encore bien jeune et il n'a pas les épaules de son père. S'il venait à devoir prendre la succession de son père et si cela lui arrivait de façon brutale, sans y être préparé, je pense que la Maison Atrèdes serait fragilisée, au moins pendant quelque temps. Il nous serait alors facile de lui porter le coup de grâce.

Piter de Vries : Si je puis me permettre, Mon Seigneur, votre neveu a raison, c'est cela que nous devons faire. Mais nous devons agir prudemment et nous arranger pour que cela ressemble à un accident. Le jeune Léto sera écrasé par le chagrin et il sera en position de faiblesse lorsqu'il aura pris la suite de son père.

Wladimir van Dorrenn : Alors, c'est décidé. Le Duc Féodor doit mourir. Et j'ai déjà une idée de la façon dont ça se passera...
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Jeu 4 Jan 2018 - 20:54

Le Baron était furieux ! Un fourgon de l'entreprise Dorbasse Tobacco venait d'être braqué et les malfrats - 5 hommes puissamment armés, selon les dires du chauffeur - s'étaient emparé d'un millier de paquets de cigarettes !

Cela représentait un manque à gagner de plus de 12,000 M$ !



Wladimir van Dorrenn : Si je tenais ceux qui ont fait cela, je leur montrerais un peu comment le Baron Wladimir van Dorrenn se serait occupé d'eux ! Je les aurais soumis à la torture, je les aurais fait mourir lentement, je... je... Tiens, je leur aurais arraché les poils du cul à la pince à épiler ! Arghhhh ! Piter, viens par ici ! Piter ? Mais où est encore passé cet imbécile ?

Piter de Vries : Vous m'avez appelé, Mon Seigneur Baron ?

Wladimir van Dorrenn : Piter, un fourgon de Dorbasse Tobacco a été braqué ! Fais ton office, mentat ! Dis-moi comment ces criminels vont écouler un millier de paquets de cigarettes !

Piter de Vries : Hmm, selon moi, ils vont tenter de les vendre par des circuits parallèles. Sans doute le marché noir.

Wladimir van Dorrenn : Y a-t-il moyen de récupérer ces cigarettes ?

Piter de Vries : Ça me semble compromis, Mon Seigneur. Ils vont probablement multiplier les intermédiaires pour qu'il soit difficile de retrouver leurs traces. Je crains que nous ne retrouvions jamais ces cigarettes.

Wladimir van Dorrenn : Bien, Piter, les conducteurs des fourgons auront désormais la consigne de ne jamais s'arrêter en chemin ! Quels que soient les imprévus qu'ils rencontrent sur leur route, ils devront les ignorer ! A aucun moment ils ne devront s'arrêter ! Est-ce que c'est bien compris ?

Piter de Vries : Je transmets l'information immédiatement, Mon Seigneur.

Wladimir van Dorrenn : Autre chose, Piter, attends. Notre homme en Cardolane va-t-il bientôt passer à l'action ?

Piter de Vries : Cela ne saurait tarder.

Wladimir van Dorrenn : Bien, très bien. Apprendre la mort du Duc Féodor serait la seule chose qui pourrait me rendre ma bonne humeur légendaire !
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Paul Pathyne le Mer 7 Fév 2018 - 17:42

Le Baron venait de regarder une énième fois l'enregistrement-vidéo de la mort du Duc Féodor, massacré par un tigre-Laza. Voir ainsi son ennemi se faire déchiqueter par l'animal le mettait en joie, c'était tout simplement jouissif !

L'attaque du tigre sur son homme de main ne lui faisait pas le même effet. Le pauvre bougre avait hurlé comme un lochon qu'on égorge !

Même s'il haïssait les Atrèdes, il reconnaissait que le Duc Féodor, au moins, avait su mourir avec courage et bien plus de classe.


Une fois qu'il se fut suffisamment diverti, il fit venir ses deux neveux.

Ces derniers arrivèrent peu de temps après.



   


"Difficile de croire que ces deux-là puissent être frères", songea le Baron en observant ses neveux. "Rabban est un tueur sanguinaire mais un gros lourdaud sans cervelle. Feyd-Rautha a bien plus de finesse et d'intelligence, il fera un bien meilleur souverain pour le Dorbasse".


Wladimir van Dorrenn : Ah, mes chers neveux ! Le plan a parfaitement fonctionné et à présent le Duc est allé rejoindre Saint Sevan ! Le jeune Leto se retrouve à la tête de Cardolane et il n'aura jamais les épaules assez solides pour supporter une charge aussi lourde !

Laissons-le quelque temps, plus tard nous lui porterons le coup fatal qui le mettra à terre et nous débarrassera définitivement de ces maudits Atrèdes !

Bien, Rabban, il est temps pour toi de retourner au Kitchassa. Continue de faire ce que tu fais si bien, fais travailler ces Snomen, jusqu'à l'épuisement et tire le meilleur de cet enfer de glace ! Si certains mineurs manquent d'énergie, n'hésite pas à en exécuter quelques-uns, pour l'exemple.

Et si tu souhaites te distraire en allant piller quelques villages alentours, ne te prive pas, tu as bien droit à des distractions de temps en temps.

Rabban van Dorrenn : Je ferai selon votre désir, Mon Oncle.

Wladimir van Dorrenn : Allez, va et ne me déçois pas. Nous te rejoindrons plus tard.


"Oui, Rabban, exploite les Snomen autant que tu le peux, réduis-les en esclavage, asservis-les totalement, qu'ils te haïssent !" se dit le Baron.

"Et plus tard, je leur enverrai Feyd et ces vermines l'acclameront et ils l'aimeront ! Délicieux Feyd, mon adorable neveu !"



Wladimir van Dorrenn : J'ai faim ! Que mon cuisinier me prépare un repas !
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Faÿkan Pathyne le Sam 24 Fév 2018 - 16:29

"Je requiers votre présence... Ne tardez pas, l'affaire est urgente..."

Wladimir relut la lettre à plusieurs reprises. Le Prince-régent lui demandait de venir à son Palais, pour une affaire qui le concernait, mais il n'avait pas voulu en dire plus.



Wladimir van Dorrenn : Que me veut ce jeune roquet, tu pourrais me l'expliquer, Piter ? Il n'a pas encore la couronne sur la tête que déjà il joue les petits chefs.

Piter de Vries : Mon Seigneur, peut-être souhaite-t-il vous féliciter pour votre excellente gestion du Kitchassa.

Wladimir van Dorrenn : Je l'espère ! Je ne pense pas que ce soit pour mon implication dans la mort du Duc Atrèdes ! Personne ne peut prouver que j'y suis pour quelque chose !

Piter de Vries : Ce qui est certain, c'est que vous ne pouvez vous y soustraire. Quand le suzerain ordonne, le vassal s'exécute.

Wladimir van Dorrenn : Piter, ton langage est parfois empreint de beaucoup trop d'audace ! Prends garde à ce qu'il pourrait t'en coûter de me parler ainsi !

Piter de Vries : Mon Seigneur Baron, je suis bien trop utile à vos projets et je vous sers si bien que vous ne voudriez pas vous débarrasser de moi.

Wladimir van Dorrenn : Certes, tu as raison, tu m'es souvent très utile. Mais tu n'es pas irremplaçable !


Peu de temps après, le Baron quittait le Dorbasse et prenait la direction de Kaïtaïn...
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Faÿkan Pathyne le Dim 25 Fév 2018 - 14:15




Pendant que le Baron était à Kaïtaïn, un étrange colis arriva au château des Van Dorrenn. De Vries ouvrit le colis, qui était destiné au Baron, cela faisait partie des devoirs qui lui incombaient dans l'éventualité où des personnes malveillantes voudraient lui envoyer un colis piégé. Mais là, c'était un tableau, peint par un grand artiste mézène de renom.

A l'évidence, c'était un portrait du Baron Wladimir. Piter trouva que le tableau était très ressemblant.



Piter de Vries : Charmant, ce portrait, tout à fait charmant ! Et ce double, que dis-je, ce triple menton, cette bedaine rebondie, ces mains grasses et épaisses, c'est tout à fait lui !

Je me demande combien le Baron a payé pour cette croûte !


Le tableau était l'oeuvre d'un faussaire, Sarroyan, un proche des Beknoun qui leur avait revendu la toile pour 5,000 M$. Et le Baron avait dû en débourser le double pour l'acquérir. Une bonne affaire pour les Beknoun, surtout quand on sait que les 5,000 M$ qui leur avait servi à acheter le tableau provenait de la vente des cigarettes volées au Baron.
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Re: Dans la demeure des Van Dorrenn

Message  Faÿkan Pathyne le Jeu 6 Sep 2018 - 11:58

Dans le Dorbasse, comme à Cardolane et comme dans tout le reste du pays, la flémingite reculait, même si l'épidémie était encore vivace dans divers endroits.

Au château des Van Dorrenn, les domestiques étaient sortis de leur torpeur et une certaine activité régnait à nouveau.

Pour le Baron Wladimir, la flémingite avait eu des effets secondaires assez surprenants. Non seulement il avait continué de prendre du poids, bien que l'appétit l'ait complètement quitté, mais en plus il avait contracté une vilaine crève accompagné d'un très gros rhume qui l'avait maintenu au lit. Weyland Yueh, son médecin personnel, lui avait expliqué que c'est la flémingite qui l'avait rendu ainsi malade.

En dépit de sa mauvaise santé, le Baron n'avait rien perdu de son caractère, c'était même plutôt le contraire, et même s'il tardait à recouvrer des forces, il avait bien l'intention de reprendre la main sur son domaine et surtout, sur ses entreprises. Il avait fait mander Piter de Vries, son mentat, afin que celui-ci lui fasse un point sur la situation.

En arrivant dans la chambre de son maitre, le mentat s'amusa tout d'abord de son état. Le Baron gisait sur son lit, recouvert de couvertures, le visage luisant de sueur, une bouillotte sur la tête et un thermomètre dans la bouche. Yueh prit le thermomètre et le regarda d'un air dubitatif.



Weyland Yueh : Hmm, vous avez encore de la fièvre, Mon Seigneur, mais celle-ci tend à baisser. Vous êtes sur la voie de la guérison mais il vous faudra garder le lit encore quelques jours. Bien, je vous laisse, vous avez besoin de repos.


Le docteur Suk quitta la chambre, sous le regard réprobateur du Baron, croisant De Vries mais sans le saluer.


Wladimir van Dorrenn : Maudit docteur, je n'ai pas besoin de repos, je suis en pleine forme et je... (il s'interrompit, victime d'une violente quinte de toux).

Piter de Vries : Il n'est pas sage de vous énerver ainsi, Baron, ça n'est pas bon pour vous, dans votre état !

Wladimir van Dorrenn : Piter, tes conseils me sont toujours précieux, mais quand cela concerne ma santé, je te demanderais de t'abstenir. Bien, quelles sont les nouvelles ?

Piter de Vries : Comme on pouvait le craindre, l'activité de vos entreprises a considérablement diminué ces derniers mois, le niveau de vos avoirs n'est guère encourageant (il tend un document au Baron), le montant indiqué ici est celui de votre fortune personnelle qui a tout de même quelque peu diminué (il se dépêche d'enchainer voyant la mauvaise mine du Baron à l'annonce de ces nouvelles). Cependant, la capitalisation boursière de vos entreprises est excellente... (il pointe un chiffre du doigt) le montant, ici.

Vos entreprises doivent se remettre à tourner au plus vite. Je ne sais quelle méthode vous souhaitez employer afin de motiver les ouvriers, je ne pense pas que vous envisagiez le versement de primes...

Wladimir van Dorrenn : Et puis quoi, encore ? Le salaire que nous leur versons est déjà bien trop élevé ! Non, pour motiver les ouvriers et leur redonner l'envie de travailler, tu vas les rassembler et tu n'as qu'à prendre plusieurs d'entre eux, les plus atteints par la flémingite, ceux qui rechignent à la tâche, et les faire exécuter devant leurs camarades ! Ça nous débarrassera des plus faibles et crois-moi que les autres retrouveront rapidement leur motivation !

Piter de Vries (avec un sourire) : Ces petites distractions sont les raisons qui font que j'ai plaisir à vous servir, Mon Seigneur Baron !

Wladimir van Dorrenn : Si en plus tu y prends plaisir, alors tout le monde est content ! Bon, j'ai faim ! Mon appétit revient et c'est une bonne chose !

En repartant, passe aux cuisines et demande qu'on me serve un repas ! Qu'on fasse griller un lochon bien gras, quelques oies et un sanglier... attends, non, deux sangliers, j'ai besoin de reprendre des forces !
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