Les appartements privés de Paul Pathyne

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Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Jeu 1 Déc 2016 - 14:20

Paul Pathyne était assis à son bureau, relisant certains rapports qu'on lui avait amenés au cours de la matinée.

Il passait plus de temps dans cette pièce que dans son bureau de travail, qui lui servait uniquement quand il recevait des visites officielles. Comme cet après-midi avec les leaders des formations politiques.

Mais la visite qu'il attendait n'avait rien d'officiel.

Son chambellan, Horatio Butler, entra après avoir frappé. C'était d'un homme d'un certain âge, assez mince et le cheveu rare. Il aurait été difficile de deviner qu'il était parmi les plus proches du souverain de Mézénas, s'il n'avait porté à la taille l'insigne de sa charge : deux clés d'or.



Horatio Butler : Altesse, Hasimir Ferhig est arrivé.

Paul Pathyne (levant à peine la tête) : Faites-le entrer, Horatio.




Hasimir Ferhig entra à son tour et Horatio repartit, laissant seuls les deux hommes.

Ferhig était de petite taille et peu athlétique, mais il avait un regard qui pouvait intimider les plus vaillants, un regard perçant, pas celui d'un simple observateur attentif, plutôt celui d'un inquisiteur zélé. Son regard pouvait soutirer des informations à n'importe qui, avec bien plus d'efficacité que les mots. Ce regard lui avait valu un surnom peu flatteur : la fouine. Ami d'enfance de Faÿkan, le fils du Prince-Padishah et héritier présomptif du trône, c'était un ambitieux, qui était constamment resté dans l'ombre du pouvoir. Cynique et sans aucun sens moral, il était passé maître dans l'art délicat de l'assassinat. Car pour lui, l'assassinat était un art et lui-même se considérait comme un artiste.

Il avisa un fauteuil dans lequel il aurait souhaité prendre place mais attendit que le Prince-Padishah l'y invitât.



Paul Pathyne (toujours plongé dans ses rapports) : Ne vous asseyez pas, Ferhig. Je vous ai fait venir car nous allons passer à la deuxième partie du plan.

Hasimir Ferhig (feignant de ne pas comprendre) : Le... hmmm, le plan, Altesse ?

Paul Pathyne (levant la tête) : Oui, le plan ! Ne soyez pas stupide, vous voyez très bien de quoi je parle !

Hasimir Ferhig : Oh ! Hmmm, oui, bien sûr.

Paul Pathyne : Vous allez reprendre contact avec... Comment s'appelle-t-il déjà ?

Hasimir Ferhig : Sénéchal, Altesse, Damien Sénéchal.

Paul Pathyne : Voilà, exactement, Sénéchal. Rencontrez-le au plus vite. Continuez de vous faire passer pour un agent d'un état merksiste-luniniste étranger. Il aura toujours à coeur de savoir de quel état il s'agit mais refusez de lui répondre, dites-lui simplement que l'attentat a été apprécié par vos supérieurs. Remettez-lui l'argent que vous lui aviez promis et dites-lui qu'il en aura encore plus s'il vous mène à Peyranne.

C'est tout. Vous pouvez disposer.

Hasimir Ferhig : Hmmm, bien, Altesse.

Paul Pathyne : Une dernière chose, Ferhig. Je veux Peyranne vivant. Vous avez compris ?

Hasimir Ferhig : Très bien, Altesse.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Sam 17 Déc 2016 - 11:06

Ferhig avait demandé à Sénéchal de le mener jusqu'à Peyranne, mais il lui avait répondu qu'il ignorait totalement où il se trouvait. Convaincu que Sénéchal mentait, Paul Pathyne avait alors ordonné à Ferhig d'interpeller Sénéchal et de le torturer, afin qu'il parle.

Malgré cela, Sénéchal n'avait rien révélé et il n'avait pas survécu à l'interrogatoire. A présent son corps gisait, sans vie, dans une pièce secrète du Palais.

Lorsque Ferhig lui apprit la nouvelle, le Prince-Padishah comprit que son plan était en train d'échouer. Pour lui, il ne faisait aucun doute que Sénéchal ignorait réellement où se trouvait Peyranne. Mais dans ce cas, comment ce dernier avait-il fait pour disparaître ? Avait-il bénéficié d'une aide extérieure ?

En attendant d'avoir des réponses à ces questions - si toutefois il en avait un jour - il pouvait dire aux Mézènes que l'auteur de l'attentat du 17 novembre avait été découvert et interpellé. Et pour expliquer sa mort, il prétendrait qu'il avait été abattu alors qu'il tentait de s'évader.

C'était toujours ça de gagné !
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Dim 1 Jan 2017 - 14:10

Paul Pathyne était assis à son bureau et consultait un rapport sur l'extraction de savonite au Kitchassa que le Comte Alban Richèse lui avait envoyé. Les chiffres étaient plutôt bons, les mineurs avaient travaillé dur et avaient extrait la savonite en grande quantité.

Un sourire de satisfaction sur le visage, il ferma les yeux afin de les reposer un instant. Soudain, il entendit un bruit venant du couloir.

Intrigué, il se leva et sortit de son bureau. Le couloir était désert, ce qui n'était pas étonnant car pratiquement personne ne se trouvait dans l'aile privée du Palais en ce dimanche après-midi. Il crut alors apercevoir une ombre qui s'enfuyait et aussitôt, il partit à sa poursuite. Il suivit le long dédale des couloirs du Palais puis se retrouva bientôt face à un homme, un homme qu'il n'avait pas vu depuis de bien longues années...



Paul Pathyne : Richard ? Mais que faites-vous dans le Palais ?

Richard : Je suis venu vous avertir, Paul. Je sais parfaitement ce qui vous a mené jusqu'ici, je sais pourquoi vous avez quitté la Francovie pour venir jusqu'ici.

Vous voulez retrouver Fondak, la Cité des Anciens. Mais jamais vous ne pourrez y retourner, vous en avez été banni, votre place n'est plus parmi nous.

Paul Pathyne : Vous ne pourrez pas m'en empêcher, Richard. Et je vous jure que je la retrouverai.

Richard : Alors nous vous tuerons.


Richard se retourna puis il partit. Le Prince-Padishah tenta de le suivre, mais celui-ci disparut très vite.

C'est à ce moment-là qu'il se réveilla. Il s'était assoupi sur son bureau, il tenait encore le rapport du Comte Richèse à la main. Tout cela n'était qu'un rêve.

Mais en était-ce vraiment un ?
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Sam 21 Jan 2017 - 19:26

Le Prince-Padishah se relaxait, il sirotait un verre de vin pétillant de Cardolane, assis dans un fauteuil à suspenseurs. Le Chancelier lui avait dit qu'il comptait s'absenter pour le weekend et le Prince n'avait rien fait pour le retenir. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Étienne Minnaud n'était pas un bourreau de travail ! Mais cela lui convenait très bien.

Horatio Butler entra après avoir frappé.



Horatio Butler : Sire, la ministre est arrivée.

Paul Pathyne : Faites-la entrer, Horatio.


Suzanne Destier entra à son tour. La jeune femme avait revêtu sa plus belle robe.


Paul Pathyne : Ma chère, vous êtes ravissante, ce soir.

Suzanne Destier : Votre Majesté, cela veut-il dire que les autres soirs je suis moins à votre goût ?

Paul Pathyne : Non, bien évidemment. Mais ce soir vous êtes plus belle que jamais. Bien, désirez-vous boire quelque chose ? Laissez-moi vous offrir un peu de ce délicieux vin de Cardolane.

Suzanne Destier : Avec plaisir, Sire.


Paul Pathyne servit un verre à Suzanne qui s'était assise sur le sofa. Il prit place à ses côtés.


Paul Pathyne : Dites-moi, avez-vous envoyé ce courrier à Julius Müller, comme je vous l'avais suggéré en début d'après-midi ?

Suzanne Destier : Oui, je l'ai fait aussitôt après.

Paul Pathyne : Bien, très bien. Je ne souhaite pas que l'ONA vienne fourrer son nez dans nos affaires. Nous savons prendre soin de nos réfugiés sans que ce « machin » s'en mêle.

Vous savez, Suzanne, je crois que vous faites de l'excellent travail, une fois que vous n'avez plus cet incapable de Minnaud dans les pattes !

Suzanne Destier (en posant son verre vide sur la table) : Assez parlé politique. Passons aux choses sérieuses.


Il passa lentement sa main dans ses cheveux puis il l'embrassa tendrement.


Un peu moins de sept minutes plus tard, il était au comble de l'extase.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Mer 25 Jan 2017 - 21:04

Le Prince-Padishah était assis dans un fauteuil à suspenseurs, les yeux fermés. Il écoutait religieusement une symphonie sur un disque-bobine quand son chambellan entra.


Horatio Butler : Votre Majesté, le Duc de Pirée vient à l'instant de se poser à Jonction.

Paul Pathyne : Très bien, merci Horatio. Vous pouvez disposer.


"C'est le baptême du feu pour notre ami. Voyons comment il va s'en sortir", pensa le souverain.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Jeu 26 Jan 2017 - 18:19

Le Prince-Padishah consultait les rapports mensuels de l'extraction de savonite au Kitchassa. Les chiffres n'étaient pas bons et cela ne lui plaisait guère. A la suite d'une mauvaise manipulation, une nappe de savonite avait été entièrement détruite.

Il savait que la Guilde et le Landsraad recevraient le même rapport. Il se demanda s'il avait été bien avisé de confier l'administration du Kitchassa au vieux Richèse. Même si on ne pouvait pas totalement reprocher au Comte l'erreur d'un mineur, c'était tout de même lui qui l'avait nommé à ce poste et c'est à lui que la Guilde et le Landsraad viendraient demander des comptes.

Le chambellan ouvrit alors discrètement la porte et entra.



Horatio Butler : Votre Majesté, je voulais juste vous dire que le Chancelier et le Duc de Vagne prenaient leur repas ensemble. Madame Destier s'est jointe à eux.

Paul Pathyne : Très bien, merci Horatio. Vous pouvez disposer.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Dim 29 Jan 2017 - 16:30

Le Prince-Padishah était plongé dans la lecture de la biographie du Président pryan, "50 nuances de Grayfall", quand son chambellan entra.


Horatio Butler : Votre Majesté, le Burseg Alef Burzmali souhaite vous parler.

Paul Pathyne (regardant par-dessus ses lunettes) : Faites-le entrer, Horatio.


Le Sarraudar entra et présenta ses respects au souverain.


Alef Burzmali : Majesté, nous venons à l'instant de recevoir la confirmation que le commando allait sous peu passer à l'action.

Paul Pathyne : Bien, très bien ! Quelles sont les chances de réussite de l'opération, selon vous ?

Alef Burzmali : Je n'ai aucun doute, Majesté, l'opération sera un succès. Avant que le soleil ne se couche, le Colonel Tarque sera mort.

Paul Pathyne : Voilà ce que je voulais entendre, mon ami. A présent, laissez-moi. Revenez me voir quand cela sera fait.

Alef Burzmali : A vos ordres, Majesté.


Le Burseg inclina respectueusement la tête, puis sortit.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Dim 29 Jan 2017 - 20:54

Pour le Prince-Padishah, cette journée avait été l'une des plus mauvaises qu'il avait connues depuis longtemps.

Il avait reçu l'information que les Mézènes avaient dit non à l'interdiction du merksisme-luninisme. Il allait devoir faire avec cette idéologie qu'il haïssait plus que tout !

Mais en plus, il avait été averti de l'échec de l'opération « Nouvel Espoir ». Ses Sarraudar avaient échoué, eux qui se considéraient pourtant comme l'élite militaire micromondiale - c'est ce qu'on leur répétait pendant leur formation de 2 ans - ils n'avaient pas réussi à tuer un seul homme !

Il n'y avait qu'un seul survivant, tous les autres avaient été tués. D'ailleurs, l'un d'entre eux, celui qui avait été mis à la tête du commando, avait semble-t-il été tué par un de ses hommes et pas par la milice noire de Tarque.

Comment cela était-il possible ?

Il convoquerait Burzmali à la première heure demain matin. Il avait intérêt à lui donner des explications.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Lun 30 Jan 2017 - 14:51

Le Burseg Burzmali arriva. Horatio l'introduisit dans les appartements du Prince-Padishah.


Paul Pathyne : Burzmali, enfin vous voilà ! Entrez, mon ami, asseyez-vous.

Alef Burzmali : Merci, Votre Majesté.

Paul Pathyne : Bon, alors dites-moi. Comment se fait-il que des Sarraudar, l'élite militaire micromondiale, l'armée la mieux entrainée du micromonde, ait été incapable d'abattre un seul homme, le Colonel Tarque, en Francovie ? Et ce caporal, ce... (il jette un oeil à un document) Bertin, le caporal Bertin, c'est quoi cette histoire ? Pourquoi a-t-il buté son supérieur ? (furieux) Enfin, merde, quoi ! Burzmali, qu'est-ce qu'ils ont foutu, vos gus ?

Alef Burzmali : Eh bien, Votre Majesté, le commando s'est vite retrouvé incapable de mener cette mission à bien. La Milice Noire était partout, les hommes ne pouvaient pas faire un pas sans se faire repérer. Il n'y a qu'un seul survivant, le soldat Louffier. Et pour le caporal Bertin, il semblerait que son frère était sous les ordres du Levenbrech Garak pendant la Guerre contre les Fidèles d'Arès et Bertin pensait qu'il avait péri par la faute de son supérieur.

Paul Pathyne : Je vois. Mais c'est tout de même vous qui les avez recrutés, n'est-ce pas Burzmali ? Vous n'aviez pas connaissance de cette histoire entre Bertin et Garak ?

Alef Burzmali : Non, Votre Majesté, et je reconnais entièrement mes torts dans cette regrettable affaire.

Paul Pathyne : Effectivement (il soupira bruyamment). Je ne vais pas entièrement rejeter la faute sur vous, toutes ces choses font partie des impondérables, on ne peut pas toujours tout prévoir. Vos excuses sont acceptées, mon ami. Bon, oublions tout ça.

Dites-moi, Burzmali, vous aimez les sports d'hiver ? Vous êtes bon en ski ?

Alef Burzmali (surpris par la question mais soulagé) : Eh bien... je me débrouille, on va dire. J'ai obtenu mon premier sanglier d'or à 12 ans. Pourquoi cette question ?

Paul Pathyne : Parce que je crois que vous allez pouvoir reprendre votre entrainement, mon ami. Vous partez demain, pour le Kitchassa, où vous serez affecté au poste-frontière de Bighal ! Peut-être le froid vous rendra-t-il le bon sens et le discernement qui vous ont fait défaut dans la mise en place de cette mission catastrophique !

Alef Burzmali : Mais, je... Votre Majesté...

Paul Pathyne : C'est tout. Vous pouvez disposer.


Le Burseg salua le Prince-Padishah puis quitta les appartements privés du souverain, la tête baissée, totalement abattu.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Mar 31 Jan 2017 - 5:26

La nuit venue, Hasimir Fehrig se glissa tel un fantôme jusqu'à la chambre du Prince-Padishah. Ce dernier était sur le dos et ronflait bruyamment. "Il n'a pas de soucis, celui-là", pensa Fehrig.

Entre deux inspirations de Paul Pathyne, il vaporisa un puissant anesthésiant. Il ne vit aucune réaction, mais il savait que l'anesthésiant avait fait son effet. Puis il introduisit dans la narine du souverain une aiguille autoguidée, qui remonta jusqu'au cerveau et y déposa la capsule chimique à retardement.

Le processus était enclenché. A chaque verre de vin pétillant que le Prince-Padishah boirait, la capsule libérerait des quantités infinitésimales de poison dans tout son organisme. Son corps allait pourrir graduellement.

Ferhig sourit en pensant que ce serait un spectacle merveilleux à observer.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Ven 17 Fév 2017 - 15:29

"Mais où est-elle allée chercher cette idée de me mettre une sorcière dans les pattes ?"

Le Prince-Padishah venait de s'entretenir avec sa fille, Sighild. Cette dernière lui avait fait une bien curieuse suggestion : qu'une Bene Tesserite se mette à son service, en tant que Diseuse de Vérité.

Bien sûr, il n'ignorait pas les talents des Soeurs. Elles n'avaient pas leur pareil pour discerner le mensonge. Mais il lui semblait qu'elles avaient bien trop de secrets et on racontait tellement de choses à leur propos ! Cependant, Sighild avait fini par convaincre son père.

"Et si elle avait employé une de leurs méthodes de suggestion ?", pensa le souverain. "Quand même, elle n'aurait pas osé, pas avec moi !"


Il cessa d'y penser et laissa ses réflexions pour se consacrer au dernier rapport que le Comte Richèse venait de lui envoyer. Il n'y avait pas eu d'autres incidents et l'extraction de savonite se passait relativement bien. Mais il ne voulait pas que le Comte relâche sa vigilance.

Il lui écrivit une courte lettre et demanda à Horatio Butler, son Chambellan, de la lui faire parvenir au plus vite...
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Sam 25 Fév 2017 - 17:42

Le Prince-Padishah avait passé toute la semaine au Kitchassa. L'incident qui s'était produit quelque temps auparavant dans l'une des mines lui causait du souci. Il s'était engagé auprès de la Guilde pour que l'extraction apporte des quantités suffisantes de savonite et sans le soutien de cette dernière, son pouvoir n'était plus aussi stable. Il avait souhaité évoquer le sujet directement avec le Comte Richèse, afin d'en apprendre un peu plus et surtout, d'être rassuré. Celui-ci lui avait appris que l'incident était en réalité un sabotage, c'est ce que ses mentats avaient conclu.

La présence de la Révérende Mère Laïus Irène Molham, qui officiait désormais à ses côtés en tant que Diseuse de Vérité, lui avait été fort utile. Elle avait su déceler le mensonge dans la voix du Comte Richèse quand il avait affirmé qu'aucun autre sabotage n'aurait lieu et que les mines étaient sécurisées. En fait, il n'était sûr de rien et chaque jour il craignait qu'on vienne lui apprendre qu'une autre filon avait été détruit.

Il était reparti, ne sachant pas s'il devait continuer d'accorder sa confiance ou non au Comte.

Être Prince-Padishah, ça n'immunise pas contre le doute et les incertitudes...
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Dim 26 Fév 2017 - 14:10

Le Prince-Padishah se reposait après son voyage au Kitchassa qui avait été éprouvant, du fait des conditions climatiques. La nuit précédant son arrivée, le "khamsin" avait soufflé sur la plaine. "Comme si on voulait me faire comprendre que je n'étais pas le bienvenu", pensa-t-il.

Horatio frappa discrètement à la porte, puis entra.



Horatio Butler : Votre Majesté, Hasimir Fehrig souhaiterait s'entretenir avec vous.

Paul Pathyne : Faites-le entrer, Horatio.


"La Fouine", comme on le surnommait, entra à son tour.


Hasimir Ferhig : Altesse, je souhaitais savoir comment s'était déroulé votre voyage au Kitchassa.

Paul Pathyne (en soupirant) : Bah, relativement bien, malgré le temps qu'il faisait là-bas.

Hasimir Ferhig : Je me demandais aussi si vous en aviez profité pour rendre une petite visite à notre ami le scientifique.

Paul Pathyne : Scytale ? Oui, je suis allé le voir. Ses recherches n'avancent guère, il piétine. Mais je sais qu'il parviendra tôt ou tard à des résultats.

Hasimir Ferhig : Et concernant la savonite ?

Paul Pathyne : Là, c'est tout autre chose. Le Comte Richèse me paraît de moins en moins être l'homme de la situation. Mais je n'ai pas encore décidé si je dois le laisser en poste ou bien le remplacer.

Hasimir Ferhig : Vous êtes au courant que le Landsraad a refusé de ratifier la Charte de l'ONA ?

Paul Pathyne : Bien entendu, je me tiens constamment informé des tribulations de notre ami Minnaud. Tiens, d'ailleurs, en parlant de lui, j'ai appris qu'il avait envoyé un courrier au Président francovar, sans doute pour lui demander la libération de Séborova. Et je crois qu'il n'a pas encore obtenu satisfaction. On dirait bien que rien ne marche, pour lui, tout ce qu'il entreprend se transforme en échec ! A croire que l'univers tout entier a décidé de lui pourrir la vie !

Hasimir Ferhig : Avez-vous l'intention de faire quelque chose pour convaincre Tarque de libérer Séborova ?

Paul Pathyne : A quoi pensez-vous, Ferhig ? Vous n'imaginez pas que je vais envoyer mes Sarraudar à Micropolia, tout ça pour libérer une écologiste dont le sort m'importe peu ! Qu'il se débrouille, c'était son idée, après tout !

Hasimir Ferhig : Je suis bien d'accord avec vous, Altesse.

Paul Pathyne : A présent, laissez-moi, je souhaiterais me reposer encore un peu.

Hasimir Ferhig : Très bien. Je retourne donc dans mes appartements.


Hasimir prit congé. Il avait bien observé le Prince-Padishah, toujours aucun signe de dégénérescence mentale, il semblait bien se porter. Le poison n'avait pas encore commencé à produire ses effets destructeurs.

Il en éprouva un peu de déception, puis se rappela que la patience est une grande vertu. L'inéluctable se produirait, il suffisait d'attendre...
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Lun 13 Mar 2017 - 8:31

Paul Pathyne : ... et je signe, Paul Pathyne, Prince-Padishah, bla, bla et bla. Parfait !


Le Prince-Padishah venait de publier le décret royal qui faisait de Suzanne Destier la nouvelle Chancelière des États Fédérés.

Suzanne venait de se lever, elle s'étira et apercevant son amant assis à son bureau, elle le prit dans ses bras. La nuit dernière, il avait été plus performant que d'ordinaire, il s'était retenu plus de 10 minutes avant de connaitre ce plaisir qui l'avait submergé. Suzanne avait poussé un petit cri, très bref, afin que le souverain pensa l'avoir satisfaite. Ce dernier s'était endormi aussitôt après.

Aujourd'hui, la jeune femme qui avait une grande ambition avait été nommée à la Chancellerie. Elle ne resterait pas longtemps en poste, mais suffisamment pour imprimer sa marque et peut-être, prendre la tête de la liste travailliste lors de la prochaine sénatoriale.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Mar 11 Avr 2017 - 19:41

Horatio passa la tête par la porte du bureau.


Horatio Butler : Sire, Monsieur Ferhig est arrivé.

Paul Pathyne : Faites-le entrer, Horatio.


Le tout nouveau Ministre des Affaires étrangères entra.


Hasimir Ferhig : Altesse, j'ai appris que vous m'aviez demandé, je suis donc venu aussitôt.

Paul Pathyne : Mon ami, j'ai une mission à vous confier. Vous partez demain matin.

Hasimir Ferhig : Ah, dois-je m'envoler pour quelque contrée lointaine ? Neu Krassburg, Wilhelstaufen ? Facilitae, peut-être ?

Paul Pathyne : Rien de tout cela. Vous partez pour le Dorbasse, vous allez rendre une petite visite de courtoisie au Baron Wladimir !

Hasimir Ferhig : Le Dorbasse, sire ? (il pousse un soupir) Très bien, je ne m'attendais pas à ce genre de périple, mais si Votre Majesté insiste... Et quel message dois-je transmettre au Baron ?

Paul Pathyne (regardant derrière Ferhig) : Fermez donc la porte, je ne voudrais pas que des oreilles indiscrètes nous entendent.


Ferhig ferma la porte et l'entretien se poursuivit...
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Alexandra Godienka le Lun 17 Avr 2017 - 19:07

Une lettre se glissa dans la boite du Prince.
Lettre a écrit:
De Antonio Godienka à Paul Pathyne.

Bonjour cher majesté je vous écrit pour vous faire part de certaines infos qu'on a qui sont confidentielles en premier sur les Van Dorren qui complotaient pour faire échouer le gouvernement Destier.Ils ont corrompu des membres du Landsraad pour refuser le traité de reconaissance mutuelle avec la CSH et ils voulaient aussi faire éclater une rumeur que vous entretenez des relations intimes avec Destier.Et c'est pour ça que nus demandons à faire partie du Landsraad nous la famille Godienka et si vous acceptez on vous livrera toutes les infos confidentielles que nus avons.

Avec toute mon amitié.

Antonio Godienka.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Lun 17 Avr 2017 - 20:41

Le Prince-Padishah s'était absenté une partie de la journée. Profitant du beau temps, il avait flâné dans les jardins du Palais, comme à son habitude entouré par sa Cour.

Il trouvait d'ailleurs ces jardins trop petits, trop étriqués, on en avait vite fait le tour. Les grands monarques du micromonde avaient des palais immenses et lui, il devait se contenter d'une demeure aux dimensions réduites ? Il se promit de changer cela dans les semaines à venir. Lui aussi, un jour, aurait un palais digne de ce nom !

En rentrant dans ses appartements, il vit qu'on avait déposé une lettre sur son bureau. Très vite, il ressortit et appela un garde.



Paul Pathyne : Vous, là-bas, venez par ici ! Avez-vous vu quelqu'un rôder autour de mes appartements ? Voyez ce que j'ai trouvé sur mon bureau !

Le garde : Euh, non, Altesse... Honnêtement, je n'ai rien vu.

Paul Pathyne : Quoi, un inconnu entre dans mes appartements privés, y dépose une lettre et vous n'avez rien vu ? Bon, je vais demander à ce qu'on double la garde ! Et vous, vous partez pour le Kitchassa, dès demain ! Je ne veux plus vous revoir ici !


Il retourna dans ses appartements, furieux. Il ouvrit la lettre et lut son contenu.

Aussitôt, il éclata de rire !



Paul Pathyne : Un siège au Landsraad, rien que ça ! Mais il se croit où, celui-là ? Et il s'imagine qu'il m'apprend quelque chose ? Godienka, Godienka... Jamais entendu ce nom-là !


Il froissa la lettre et la jeta à la corbeille.


Paul Pathyne : Et ce n'était même pas du papier recyclé, en plus !
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Lun 15 Mai 2017 - 10:05

Lorsque Ferhig arriva dans les appartements du Prince-Padishah, il croisa Seborovka, qui en sortait. Elle avait un sourire jusqu'aux oreilles.

"C'est pas vrai !", songea-t-il. "Il s'est aussi tapé le pitbull ? Je me demande si la Princesse-Shabani a conscience qu'elle porte des cornes".



Hasimir Ferhig : Vous m'avez demandé, Votre Majesté. Hmmm... de quoi souhaitiez-vous m'entretenir ?

Paul Pathyne : Ferhig, mon ami, asseyez-vous. J'ai décidé d'intervenir en Francovie, nous allons y envoyer des troupes. J'ai désigné Burzmali pour s'occuper de tout ça, cela fait trois mois qu'il est au Kitchassa, je pense qu'il appréciera de prendre la tête de cette opération... Je suis d'ailleurs en train de lui chercher un nom...

Hasimir Ferhig : Hmmm... que pensez-vous de Restore Hope, Restaurez l'espoir ? Je trouve ça percutant, nooooooon ?

Paul Pathyne : Trop armaréen, à mon goût. Escale Hope, c'est pas mieux ?

Hasimir Ferhig : M'oui, en effet... Pourquoi pas.

Paul Pathyne : Le gouvernement va acquérir deux Phantom, j'ai demandé ce matin à la Chancelière de s'en occuper et je l'ai confirmé à la Ministre de la Défense.


"Oh, je comprends mieux le sourire sur le visage de Seborovska, à présent", songea Ferhig.


Paul Pathyne : Je vous charge de transmettre l'information à De Palandier, à l'ONA. Nous n'attendrons pas le bon vouloir de l'organisation pour passer à l'attaque. Ces fonctionnaires sont d'une lenteur, mon ami ! Et vous savez combien je déteste les longues procédures, les réunions, les débats interminables ! Nous devons frapper, nous devons montrer que nous n'oublions pas les Francovars !

Hasimir Ferhig : Très bonne initiative, Votre Majesté.

Paul Pathyne : Il est vrai. A présent, laissez-moi, je me sens soudainement très faible. Je ne sais pas ce que j'ai, je me sens... vieilli.

Hasimir Ferhig : Entendu, Votre Majesté.


Ferhig repartit. Le poison commençait à agir, il poursuivrait sa progression, jusqu'à la fin, terrible. "Comme cela sera beau et charmant à observer", songea-il
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Sam 27 Mai 2017 - 16:47

Le Prince-Padishah terminait de rédiger le décret royal, officialisant la nomination de la Maison Van Dorrenn à la tête du Kitchassa et des précieuses mines de savonite. Son fils, le Prince-héritier Faÿkan, était à ses côtés, ainsi que Ferhig.


Paul Pathyne : Vous aviez raison, Ferhig. Le Baron Van Dorrenn est le plus à même d'exploiter la savonite.

Hasimir Ferhig : Ses méthodes risquent d'être...  hmmm, pour le moins radicales, il sait s'y prendre pour être craint et respecté de ses sujets.

Paul Pathyne : Beaucoup plus craint que respecté, si vous voulez mon avis. Mais bon, peu m'importe la méthode, j'ai la Guilde constamment sur le dos et elle me presse d'agir. Et sans son soutien, je ne sais si les États Fédérés conserveraient leur stabilité. (se tourne vers son fils) C'est l'une des choses que tu dois retenir, Faÿkan, toujours veiller à donner des gages à ceux qui te soutiennent. Ça te servira quand tu règneras.

Faÿkan Pathyne : Oui, Père, je retiens chacune de vos leçons mais je ne suis pas pressé de les appliquer. Je prie Saint Sevan pour qu'il vous garde en bonne santé près de nous.


"Encore 5 ou 6 mois, juste assez de temps pour me préparer à te succéder, vieux débris".

Ferhig regarda sa montre, il devait recevoir une personne dans ses appartements dans une vingtaine de minutes.



Hasimir Ferhig : Votre Majesté, Mon Prince, je dois à présent... hmmm, me retirer. Un rendez-vous important d'ici peu. Mon agenda de chef de la diplomatie ne me laisse guère de répit.

Paul Pathyne : Très bien, allez, mon ami. Nous ne voudrions pas vous mettre en retard.


La Fouine quitta les appartements du souverain. Le rendez-vous qu'il avait ne concernait nullement la diplomatie mézène.

Il concernait les Vernius.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Sam 8 Juil 2017 - 18:24

Paul Pathyne était satisfait de lui. Il n'avait jamais apprécié Étienne Minnaud, qui avait été le premier à occuper la fonction de Chancelier et qui n'avait montré guère de talent dans cette fonction. Et aujourd'hui, il venait de le nommer Ambassadeur de Mézénas au Krassland, cette micronation où la pollution était un sport national ! Il imaginait Minnaud, débarquant à Neu Krassburg, au milieu des émanations de dioxyde de carbones et des pluies acides. Le pauvre allait sans doute peu apprécier sa nouvelle affectation et cette seule idée ravissait le Prince-Padishah !

Bien que ce peuple soit très attaché à la pollution - un environnement qui plaisait aux Dorbassiens mais que tous les autres Mézènes fuyaient comme la peste - les Krasslandais avaient toujours été très doués pour le commerce et de fait, on ne pouvait les ignorer.

Un autre que l'on ne pouvait ignorer était Peyranne. Paul Pathyne ne pouvait faire autrement que de le nommer à la Chancellerie, le leader du PGO avait réussi à convaincre les écologistes et les travaillistes de former une coalition avec son parti et ensemble, ils avaient mis au point un projet de gouvernement.

"Cruelle ironie !", pensa le souverain. "Il y a peu de temps, je me démenais pour faire arrêter Peyranne et, aujourd'hui, je vais devoir le nommer à la tête de l'exécutif et du pays !"


Mais Paul Pathyne n'était pas monté sur le Trône du Lion d'Or par hasard, il avait un certain talent pour arriver à ses fins, en usant de toutes les méthodes, parfois les plus inavouables.

Il n'avait eu aucun mal à mater Minnaud. Avec Peyranne ce serait moins évident, mais il trouverait bien un moyen de le mettre hors-course.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Dim 3 Déc 2017 - 19:20

Depuis quelque temps, le Prince-Padishah se sentait fatigué, diminué. Il n'arrivait pas à l'expliquer. Certes, il n'était plus tout jeune, mais il n'avait qu'une petite soixantaine d'années.

Il avait consulté un docteur Suk. Ces médecins sortaient d'une école prestigieuse et leurs tarifs étaient exorbitants. Mais ils étaient les meilleurs dans leur domaine et leurs compétences étaient indéniables.

Le docteur qui l'avait ausculté n'avait pas constaté de signes d'une quelconque maladie, selon lui Paul Pathyne était en bonne santé. Il avait cependant remarqué que le souverain avait les traits tirés et il mit cette fatigue sur le compte d'un surmenage ou de soucis liés à son fonction. Paul Pathyne répondit qu'il n'en était rien et qu'actuellement, il était loin d'être surmené.

Il lui parla alors d'un nouveau produit qui, à ce qui se disait, faisait des miracles. On l'appelait l'Épice, mais aussi le Mélange. De couleur orange, il avait le goût de la cannelle, il pouvait se présenter sous forme de bâtonnets ou bien en poudre, et dans ce cas, il remplaçait avantageusement le sucre dans le café ou le thé.

Le Prince-Padishah parut intéressé et décida qu'il s'en ferait fournir dès que possible. Même si le prix de l'Épice était assez élevé - pas moins de 1000 M$ les 10 grammes - cela en valait la peine.

Le docteur l'assura que sous peu, il retrouverait sa forme d'antan.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Mar 5 Déc 2017 - 13:47

Paul Pathyne sentit sa forme revenir dès lors qu'il eut pris l'Épice dont lui avait parlé son docteur Suk.

Ainsi le médecin n'avait pas menti, cette substance était vraiment formidable, elle l'avait fait rajeunir de plusieurs années en moins de 48 heures !

Bon, ça lui avait coûté un bras mais ça en valait la peine.
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Re: Les appartements privés de Paul Pathyne

Message  Paul Pathyne le Mer 20 Déc 2017 - 12:22

Sakhout Walou, le docteur Suk, prit le pouls du Prince-Padishah, qui s'était allongé sur son lit. Puis il sortit un tensiomètre de sa sacoche et l'enroula autour du bras du souverain. Faÿkan et Hasimir, légèrement en retrait, observaient la scène.


Sakhout Walou : Votre coeur bat à nouveau normalement, Sire, mais il est certain que cette attaque a bien failli vous être fatale.

Paul Pathyne : Oh, je vous en prie, ça n'était qu'une petite attaque sans gravité !

Faÿkan Pathyne : Père, vous nous avez fait très peur, ça n'était pas sans gravité ! Vous devriez garder le repos quelque temps, n'est-ce pas docteur ?

Sakhout Walou : C'est en effet ce que je recommande, Sire. Votre Majesté, vous devriez écouter les conseils de votre fils, beaucoup de repos, des repas légers et surtout, arrêtez de boire ce vin, l'alcool n'est pas une bonne chose dans votre état !


Faÿkan regarda Hasimir. C'était le vin pétillant que le souverain buvait chaque jour qui libérait le poison dans son organisme. S'il arrêtait d'en boire, le Prince-Padishah se porterait soudain beaucoup mieux et tout le plan mis en place par Ferhig et lui s'effondrerait. De plus, il était probable que l'on finirait par avoir des soupçons.


Hasimir Ferhig : Docteur, vous ne pouvez pas demander à Son Altesse de, hmmm... se passer de l'un des derniers plaisirs qui lui restent. Ce serait, comment dire... hmmm... bien triste.

Paul Pathyne : Le vin n'a jamais fait de mal à personne et il n'est pas nécessaire d'être docteur pour le savoir !

Sakhout Walou : Soit, mais alors je vous suggère de modérer votre consommation ! Bien, je crois que j'en ai fini pour aujourd'hui. Ménagez-vous, Sire, du repos, c'est ce qu'il vous faut !

Faÿkan Pathyne : Docteur, votre paiement vous attend. Le petit coffre, là, des pierres d'Hagal et des saphirs.


Le docteur remercia le Prince-héritier, prit le coffre sous le bras et repartit.


Paul Pathyne : Maudit docteur Suk ! Il me coûte une fortune à chaque fois qu'il vient me voir !

Faÿkan Pathyne : Père, tout cela est pour votre bien ! Je dépenserai jusqu'au dernier mez pour vous maintenir en vie et vous garder à nos côtés !

Paul Pathyne : Oui, et mon cul, c'est du dahu ? (il se tourne vers Hasimir) Laissez-nous, Ferhig, je souhaiterais être seul avec mon fils.

Hasimir Ferhig : Entendu, Votre Altesse.


La Fouine quitta la chambre à son tour. Faÿkan vint s'assoir sur le lit, auprès de son père.


Paul Pathyne : Faÿkan, je fais semblant de ne pas être préoccupé par ma santé, mais je sens bien que mes forces m'abandonnent. Ces derniers temps, j'ai senti que je n'étais plus aussi vaillant et vigoureux qu'autrefois.

Faÿkan Pathyne : Père, vous ne devriez pas parler ainsi ! Vous avez encore un long règne devant vous !

Paul Pathyne : Oh, Faÿkan, s'il te plait, cesse de me prendre pour un imbécile, veux-tu ? Tu rêves de monter sur le trône, ça a toujours été ton voeu le plus cher ! Même du temps où je n'étais que le Duc de Mézénas, tu étais impatient de me prendre ma place !

Crois-tu que je n'ai pas compris que la mort de Fafnir, ton frère ainé, n'était pas accidentelle ? Je sais que c'est toi et Ferhig qui avaient tout manigancé ! Et je ne serais pas étonné si on découvrait un jour que tous les deux, vous avez comploté pour que je le rejoigne plus vite que prévu !

Faÿkan Pathyne : Père, comment pouvez-vous croire cela ?

Paul Pathyne : Mon fils, n'insulte pas mon intelligence, il est des choses qu'on ne peut me cacher ! Qui sait, peut-être ai-je des Bene Tesserite dans mes lointains ancêtres et j'ai peut-être hérité de leurs dons. Mais sois rassuré je ne t'en veux pas pour avoir tué ton frère, même si je serais prêt à te jeter en prison si la preuve de ta forfaiture m'était apportée. Cela serait tout à fait digne du souverain fort et impitoyable que tu dois être !

Mais je ne t'ai pas demandé de rester uniquement pour cela, il y a certaines choses que je dois te dire. Tout d'abord, je souhaiterais te parler de Fondak, une cité qui se trouve dans le Kitchassa...

Faÿkan Pathyne : Fondak est un mythe, père ! Vous ne croyez tout de même pas à cette légende !

Paul Pathyne : Ça n'est pas une légende et c'est pour cette unique raison que j'ai quitté la Francovie pour venir jusqu'ici ! Tu as sûrement entendu parler de Rom, la cité des Romans, bâtie il y a des siècles ! Je crois que Rom et Fondak sont en fait une seule et même ville. Je ne crois pas que je vivrai assez longtemps pour la découvrir, mais je te demande de la chercher à ton tour quand je ne serai plus là. Mais il y a autre chose, mon fils !


Faÿkan n'avait jamais cru à cette légende, qu'il connaissait depuis son enfance. Fondak, la cité mythique, qui recélait bien des mystères, qui aurait reçue la visite de Saint Sevan, pour lui ça avait toujours été un conte à dormir debout. Mais son père semblait y croire, pourtant, et il est vrai que des récits anciens parlaient d'une cité mystérieuse, cachée dans les montagnes du Kitchassa.


Faÿkan Pathyne : Qu'y a-t-il que vous souhaitiez me dire, père ?

Paul Pathyne : Tu dois te méfier des Atrèdes ! Le duc Féodor et son fils Leto, je crains qu'un jour ils ne veuillent prendre ta place ! J'en ai l'intime conviction !

Faÿkan Pathyne : Comment le savez-vous, père ? Les Atrèdes sont une famille simple, ils n'ont pas cette ambition et je crois que gouverner Cardolane leur suffit amplement !

Paul Pathyne : Je ne saurais te l'expliquer. Mais j'en suis convaincu, un jour un Atrèdes pourrait bien monter sur le Trône du Lion d'Or ! Cependant, le trône doit toujours rester dans notre famille, toujours ! Garde bien un oeil sur eux ! Le jeune Leto est ton cousin, mais que cela ne t'attendrisse pas ! Tu m'as bien compris ?

Faÿkan Pathyne : Oui, père.

Paul Pathyne : A présent, je souhaiterais me reposer. Laisse-moi, je te prie.


Faÿkan se leva puis il quitta la chambre. Dehors, dans le couloir, Ferhig l'attendait.


Hasimir Ferhig : J'ai bien cru que, hmmm... qu'il allait y passer ! Mais il a survécu ! La vieille chose s'accroche encore à la vie !

Faÿkan Pathyne : Patience, mon ami, patience ! Je crois qu'il n'en a plus pour très longtemps !
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Message  Faÿkan Pathyne le Lun 19 Fév 2018 - 7:11

Sakhout Walou passait un sondeur Suk sur le corps du vieil homme, sous le regard de Faÿkan et Hasimir, pareils à deux ombres. L'appareil à diagnostic bourdonnait doucement dans le silence de la chambre du souverain.

Le docteur éteignit l'appareil, puis il lissa sa barbichette, l'air dubitatif.



Sakhout Walou : Le Prince-Padishah est mort.

Faÿkan Pathyne : Oui, au moins à présent, mon père est en paix.


Faÿkan sentit un frisson lui parcourir l'échine alors qu'il prononçait ces mots. Se pouvait-il que le vieux monarque se soit douté, dans ses derniers instants, qui était responsable de sa mort ? Il avait eu ces mots étranges, l'autre jour dans son bureau lors de la réunion avec le Chancelier. Avait-il découvert qu'il avait été assassiné ? Et par son propre fils, en plus ! "Non, par Hasimir, en réalité.", songea-t-il. "C'est par sa main qu'il est mort, il servira de bouc-émissaire si tout était découvert".

Enfin, il allait être Prince-Padishah ! Enfin, il allait pouvoir donner à Mézénas toute la splendeur et la puissance qu'elle méritait ! Mais il ne fallait surtout pas montrer triomphe et excitation. Du moins pas avant la cérémonie de couronnement.



Hasimir Ferhig : Cette mort n'est guère inattendue, la santé du souverain s'était, comment dire... dégradée ces derniers temps. Nous l'avons bien constaté, nooooon ?

Sakhout Walou : Certes, Monsieur Ferhig, cependant, j'éprouve comme un sentiment étrange. Il y a quelque chose de bizarre, je crois que nous ne sommes pas en face d'une mort naturelle. Et nous devons être excessivement prudents dans notre analyse, vu qu'il s'agit du Prince-Padishah...

Faÿkan Pathyne : Il s'agissait du Prince-Padishah.


Faÿkan regretta aussitôt ces mots et vit le regard noir que lui lançait Ferhig.


Sakhout Walou : C'est exactement ce que je voulais dire.

Hasimir Ferhig : Mon bon docteur, le métier de souverain peut être très stressant, Sa Majesté subissait d'énormes pressions.

Faÿkan Pathyne : Oui, et qui aurait pu attenter à sa vie ? Le Palais est sous bonne garde, les Sarraudar assuraient nuit et jour la sécurité de mon père.

Sakhout Walou : Je l'ai dit, Sire, nous devons nous devons nous montrer excessivement prudents. Je dois pratiquer une autopsie. Une analyse très soigneuse de sa peau, de ses cheveux et de ses organes, peut nous apporter des réponses. S'il y a la moindre trace d'un empoisonnement, je saurai le découvrir, la médecine Suk en est capable.

Faÿkan Pathyne : Je refuse ! Mon père détesterait être ainsi charcuté comme un vulgaire lochon ! Ce serait comme lui manquer de respect !

Sakhout Walou : Au contraire, Sire, si votre père a été assassiné, par respect pour sa mémoire nous devons tout faire pour découvrir l'auteur de ce forfait. Et puis, Altesse, nous devons également penser à votre sécurité ! Qui sait si votre vie n'est pas elle aussi menacée ? Mon devoir en tant que docteur Suk est de pratiquer une autopsie.

Hasimir Ferhig : Le bon docteur a probablement raison.

Faÿkan Pathyne : Tout ceci n'est pas... (les mots de Ferhig le surprennent). Je dois en parler avec mon conseiller.

Sakhout Walou : Certainement


Les deux hommes s'éloignent dans un coin de la chambre et s'entretiennent à voix basse.


Faÿkan Pathyne : Es-tu fou ? Tu tiens à ce que nous soyons découverts ?

Hasimir Ferhig : Nous devrions aller dans son sens, Mon Prince, afin de ne pas éveiller les soupçons. Jusqu'à ce que, à la suite d'un malentendu, le corps du vieux soit incinéré.

Faÿkan Pathyne : Oui, tu as raison, c'est ce que nous allons faire. (il revient vers le docteur) Soit, pratiquez votre autopsie. Venez chercher le corps tantôt.

Sakhout Walou : Je repasserai cet après-midi avec un collègue. A présent, si vous le permettez, je vais me retirer.


Une heure plus tard, à la suite d'événements malheureux, le corps du Vieux Pathyne fut réduit en cendres dans le crématorium du Palais, cendres qui furent perdues...
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